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Religion sous contrôle : pratiques et expériences religieuses de la marge ?
Auteur : Bassir AMIRI
Lieu d'édition : Besançon
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 204p.
ISBN : 9782848675619
Format : 16 x 22cm
Langue : Français

PUFC

[Sommaire]
Bassir Amiri, Introduction. Penser la religion des marges p. 11-18

Partie I – Pratiques religieuses et marginalité
Yves Lehmann, Varron et les cultes gréco-orientaux : étude de sociologie religieuse p. 19-28
Alessandra Rolle, Ego medicina Serapi utor. Les Ménippées de Varron et le culte de Sérapis dans la Rome tardo-républicaine p. 29-40
Gérard Freybuger, Pratique végétarienne et marginalité à Rome p. 41-47
Françoise Van Haeperen, Des affranchi(e)s parmi les prêtres publics de Rome et des cités d'Italie :réflexions préliminaires p. 49-63

Partie II – La religion au prisme du statut juridique des dévots
Bassir Amiri, La religion des esclaves : entre visibilité et invisibilité p. 65-76
Andréa Binsfeld, Esclaves et affranchis comme acteurs religieux. L'exemple de la Belgique et de la Germanie Supérieure p. 77-95
Darja Šterbenc Erker, Les pratiques religieuses des matrones dans la Rome ancienne : les Jeux séculaires sous Auguste et sous Septime Sévère p. 97-115
Ludivine Beaurin, Le culte d'Isis dans l'Occident romain : un culte de femmes ? p. 117-140

Partie III – Chrétiens et païens dans le devenir religieux de Rome
Christian Stein, Le premier christianisme, une religion de marginaux ? p. 141-160
Baudouin Decharneux, La mise à la marge des chrétiens par Lucien de Samosate : l'exemple de Pérégrinos p. 161-171
Marcello Ghetta, La fin du paganisme durant l'Antiquité tardive et l'état des derniers païens en Gaule et en Germanie p. 173-187

Bruno Poulle, Conclusions p. 189-191

[Contents]
L’ouvrage étudie, pour Rome et certaines de ses provinces occidentales, les expériences religieuses des individus (femmes, esclaves, affranchis, dévots de cultes dits étrangers) dont le statut et les choix les exposent souvent à des phénomènes d’exclusion. Il interroge la place qu’ils occupent dans les faits religieux de la cité pour mettre en valeur les ponts jetés entre les différents espaces communautaires à l’occasion des actes cultuels et pour réévaluer la portée des gestes accomplis par ceux dont la situation leur refuse a priori le premier rôle. Quoique bien encadrées, leurs pratiques, effectives, leur confèrent une capacité religieuse, qui mérite en effet d’être définie.

Descriptif du collectif
  • Auteur : Françoise VAN HAEPEREN
    Des affranchi(e)s parmi les prêtres publics de Rome et des cités d’Italie : réflexions préliminaires
    [Résumé]

    Cet article vise à évaluer dans quelle mesure les sacerdoces publics de Rome et des cités d’Italie recrutaient des affranchis durant les trois premiers siècles de notre ère. Quels cultes publics desservaient les prêtres ou prêtresses affranchis ? Ces derniers représentaient-ils des exceptions parmi leurs collègues ? Ou, au contraire, certains cultes recrutaient-ils plus volontiers des prêtres et prêtresses d’ origine servile ?

  • Auteur : Yves LEHMANN
    Varron et les cultes gréco-orientaux : étude de sociologie religieuse
    [Résumé]

    La communication se propose d’explorer les rapports qu’entretient Varron avec les cultes gréco-orientaux. Il s’agit de montrer comment cette relation de Varron avec les religions de l’Égypte obéit à une dialectique de l’attraction et de la répulsion : d’une part Varron, stigmatise volontiers les divinités alexandrines au nom de l’orthodoxie religieuse dont il se veut le gardien vigilant et intransigeant comme le quindecimvir sacris faciundis qu’il a dû être, tout en admettant d’autre part leur parfaite respectabilité sur le plan philosophique, puisqu’il n’hésite pas à élever Sérapis et Isis au rang de forces cosmiques. En creux se lit une réflexion qui appelle à la nuance sur la notion de marginalité en matière religieuse.

  • Auteur : Alessandra ROLLE
    Ego medicina Serapi utor. Les Ménippées de Varron et le culte de Sérapis dans la Rome tardo-républicaine
    [Résumé]

    Cinq fragments de la satire ménippée Euménides de Varron concernent le dieu égyptien Sérapis. Malgré l’état très fragmentaire du texte, nous pouvons remarquer dans ces passages une critique féroce contre le culte de ce dieu, qui au Ier siècle av. J.-C. était vénéré à Rome dans une dimension de type privé, puisqu’il n’était pas reconnu officiellement par le sénat. Mon analyse vise à montrer les possibles enjeux politiques de la dérision dont Sérapis est victime dans cette œuvre satirique de Varron.

  • Auteur : Gérard FREYBURGER
    Pratique végétarienne et marginalité à Rome
    [Résumé]

    Les adeptes du pythagorisme devaient, dans l’Antiquité gréco-romaine, pratiquer le végétarisme. Cette obligation était inhérente à l’enseignement pythagoricien et remonte certainement aux origines de ce mouvement, c’est-à-dire au VIe siècle av. J.-C. Elle était liée à la croyance en la métempsycose et s’accompagnait du refus des sacrifices sanglants. Ce dernier point fit que le végétarisme pythagoricien eut mauvaise presse en Grèce et, plus encore, à Rome, étant donné l’importance qu’y avait le banquet qui suivait le sacrifice et au cours duquel on consommait les chairs sacrificielles. Cet exposé commentera dans cette perspective les vers 122 à 142 du livre XV des Métamorphoses d’Ovide.

  • Auteur : Bassir AMIRI
    La religion des esclaves : entre visible et invisible
    [Résumé]

    L’objet de cette communication est de soulever quelques questions problématiques à propos de la participation et de l’accès des esclaves à la vie religieuse publique et de leur implication dans le cadre civique de la religion. On conclut facilement, sur la base du statut juridique de l’esclave, à son invisibilité ou, lorsque ce dernier est présent sur la scène religieuse publique, à une « présence absence », « insignifiante » et à tout le moins « non signifiante ». L’exemple des victimarii permet de nuancer cette manière de voir et de nuancer la marginalité des esclaves dans la religion de la cité. Acteurs, secondaires, mais acteurs tout de même du rite, ils sont en outre détenteurs d’un savoir qui les intègre dans la communauté, dont on prétendait les exclure, et d’un habitus, qui les conduit à adopter des comportements partagés avec certains membres du corps civique.

  • Auteur : Andréa BINSFLED
    Esclaves et affranchis comme acteurs religieux. L’exemple de la Belgique et de la Germanie supérieure
    [Résumé]

    À partir des exemples provenant de Trèves et de Mayence, l’article met l’accent sur la question de savoir comment et dans quelle mesure les esclaves et les affranchis peuvent se présenter et s’intégrer par leurs activités religieuses dans une société. Les esclaves et les affranchis s’inscrivent par leurs dédicaces dans le cadre du culte municipal de la cité, du pagus ou d’un site militaire aussi bien que dans le cadre du culte impérial. Leurs dédicaces témoignent également de leur réussite économique. Les activités semblent malgré tout être liées à un statut social et juridique : il s’agit souvent d’esclaves et affranchis publics ou impériaux ou appartenant à l’administration romaine. C’est donc un groupe bien défini qui a la possibilité de participer aux actes religieux et de montrer ainsi son désir d’une intégration sociale et locale.

  • Auteur : Darja STERBENC ERKER
    Les pratiques religieuses des matrones dans la Rome ancienne : les Jeux séculaires sous Auguste et sous Septime Sévère
    [Résumé]

    Les pratiques religieuses des femmes issues des familles équestres et sénatoriales étaient-elles marginales dans la société romaine ? Pour éclaircir la portée des gestes religieux accomplis par les matrones issues de l’élite romaine au sein de la religion publique, leurs activités lors d’une fête exceptionnelle, les Jeux séculaires (ludi saeculares), offrent des exemples significatifs qui mettent en évidence une vue globale de leur rôle dans la société romaine. Au cours des Jeux séculaires, les femmes mariées accomplissaient des rituels pour le peuple romain, c’est-à-dire pour la communauté politique de Rome. Les matrones procédaient à des sacrifices, prononçaient des prières et accomplissaient d’autres gestes de vénération des dieux protecteurs de la communauté politique. Cet article interroge les pratiques religieuses des matrones ainsi que les modes de représentation de leurs rituels dans les fragments avec la copie épigraphique des protocoles des Jeux augustéens et sévériens.

  • Auteur : Ludivine BEAURIN
    Le culte d’Isis dans l’Occident romain : un culte de femmes ?
    [Résumé]

    Rencontre de deux « marginaux » traditionnels de la religion romaine, l’engouement des femmes pour les cultes dits « orientaux », et en particulier celui d’Isis, est régulièrement souligné depuis l’Antiquité. Bien que l’épigraphie témoigne de très nombreuses isiaques féminines, il est nécessaire de dépasser ce stéréotype et de réévaluer la participation des femmes dans le culte d’Isis dans les provinces occidentales afin de déterminer dans quelle mesure ce culte leur permettait d’enrichir leur vie religieuse et leur existence sociale, d’une façon que n’offraient pas les cultes civiques.

  • Auteur : Christian STEIN
    Le premier christianisme, une religion de marginaux ?
    [Résumé]

    Jusqu’au IIIe siècle, les premiers chrétiens peuvent être vus comme des marginaux. La conversion entraînait pour eux la rupture de nombreux liens sociaux. Plus grave, le refus de participer aux sacrifices et aux fêtes religieuses les faisaient apparaître comme des mauvais citoyens ou pire, des traîtres aux hommes et aux dieux. Tout le monde n’était toutefois pas sensible de la même manière à l’attrait du christianisme. Plusieurs facteurs entraînaient ou non le choix de la conversion : le degré individuel de liberté religieuse, la peur du scandale et la crainte de la réaction légale des autorités. On constate finalement que certains groupes de la société étaient plus susceptibles de rejoindre le christianisme que d’autres : principalement les femmes, les esclaves, les migrants et les individus aux ressources médiocres. C’est cohérent avec ce qu’on trouve dans les sources anciennes.

  • Auteur : Baudouin DECHARNEUX
    La mise à la marge des chrétiens par Lucien de Samosate : l’exemple de Pérégrinos
    [Résumé]

    La mise à la marge des chrétiens en tant que groupe de fidèles et communauté de croyants par Lucien de Samosate est envisagée à travers le cas spécifique de Pérégrinos. Il s’agit de montrer, en dressant la figure des deux protagonistes, comment s’opère ce phénomène dans les écrits de Lucien. À partir de la question de l’identité du christianisme naissant, il s’agit aussi de brosser à grands traits les contours d’un tableau qui figure, somme toute, le monde des élites dominantes et celui des minorités dominées, en mettant en évidence l’écart socio-culturel emblématique opposant les élites de l’Empire dont faisait indiscutablement partie Lucien, et les pratiques spirituelles de certaines communautés dont les membres n’avaient nullement accès à la culture des dirigeants.

  • Auteur : Marcello GHETTA
    La fin du paganisme durant l’Antiquité tardive et l’état des derniers païens en Gaule et en Germanie
    [Résumé]

    De nombreux sanctuaires, en particulier les grands temples urbains, ont été abandonnés ou détruits durant le IIIe siècle de notre ère en Gaule et dans les provinces germaniques. Leurs éléments étaient utilisés en partie pour construire de nouveaux bâtiments ou des fortifications. Cela implique-t-il un déclin ou la transformation de la religion traditionnelle, du paganisme au IIIe siècle ? Sans doute pas. De multiples exemples existent de temples et de lieux de culte utilisés de manière traditionnelle après le IIIe siècle, comme à Trèves et dans ses environs. De plus, l’interprétation de la situation religieuse au IIIe siècle doit être observée en tenant compte d’une part des différences régionales et d’autre part des changements importants qui ont lieu au cours de cette période : les confusions liées aux guerres, le déclin économique et les changements dans les mentalités aussi bien que dans les comportements et les représentations.