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Dialogues d'Histoire Ancienne. Supplément 16
Auteur : Jean-Christophe COUVENHES
Lieu d'édition : Besançon
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 252p.
ISBN : 9782848675466
Format : 16 x 22cm
Langue : Français

Cairn
Persee
PUFC

[Sommaire]
Bernard Legras, Avant-propos p. 9-11
Jean-Christophe Couvenhes, Introduction : La symmachia comme pratique du droit international dans le monde grec p. 13-49
Evelyne Scheid-Tissinier, Le roi et ses alliés, cohésion et dissensions dans l’alliance achéenne homérique p. 51-65
Jeannine Boëldieu-Trevet, Les commandements alliés dans le monde grec de la deuxième guerre médique à la bataille de Chéronée p. 67-95
Sandra Péré-Noguès, Les symmachies en Sicile des expéditions d’Athènes à la stratégie de Timoléon p. 97-112
Aliénor Rufin Solas, Symmachia et hégémonie sur les peuples guerriers de Thrace, du royaume odryse à la domination macédonienne p. 113-123
Denis Knoepfler, « Pour que demeurent la philia et la symmachia entre Athènes et les Eubéens » (IG II2 149 = IG II3 1, 2, 398, une inscription attique à reconsidérer) p. 125-160
Jacqueline Christien, Areus et le concept de symmachie au IIIe siècle. Les réalités hellénistiques p. 161-175
Jean-Christophe Couvenhes, Quelques remarques sur le recrutement des soldats crétois outre-mer à travers les traités de symmachia p. 177-211
Alexandru Avram, Sur la date du traité entre Pharnace et Chersonèse Taurique p. 213-237

[Contents]
La symmachia, c’est-à-dire « l’alliance militaire », est une manifestation du droit international, discipline qui met en œuvre un certain nombre d’institutions et de lois générales. En matière d’alliance militaire, les Grecs ont essayé très tôt de construire, par la pratique, un droit international. Les Actes de cette première manifestation scientifique inscrite dans le programme « Le droit grec et hellénistique, Approches historique et anthropologique » au sein du laboratoire Anthropologie et Histoire des Mondes Antiques (AnHiMA - UMR 8210) rassemblent neuf contributions qui sont autant d’exemples permettant de mieux comprendre ce phénomène, depuis Homère jusqu’à l’époque hellénistique.

Descriptif du collectif
  • Auteur : Bernard LEGRAS
    Avant-propos


  • Auteur : Jeannine BOËLDIEU-TREVET
    Les commandements alliés dans le monde grec de la deuxième guerre médique à la bataille de Chéronée
    [Résumé]

    À partir de sources littéraires et épigraphiques, la contribution envisage les différentes formes que donnèrent les cités grecques au commandement dans le cadre des alliances (symmachiai) en insistant sur les problèmes de vocabulaire, entre autres dans les textes de traités du Ve et IVe siècle. Elle aborde la question des fondements juridiques et historiques à commander en chef et les problèmes de l’exercice du commandement en cours d’opérations en fonction du rapport des forces.

  • Auteur : Jean-Christophe COUVENHES
    La symmachia comme pratique du droit international dans le monde grec
    [Résumé]

    La symmachia désigne à la fois l’aide concrète apportée par une armée à une autre sur le champ de bataille contre un ennemi commun mais aussi l’accord formalisé qui résulte ou prévoit cette aide entre deux États. Il s’agit ici de préciser les contours de la symmachia comme pratique du droit international dans le monde grec. Après avoir fait un tour d’horizon de l’historiographie relative à la symmachia, d’un point du droit, nous revenons sur la symmachia comme pratique contractuelle, puis nous envisageons une typologie des principales clauses des accords symmachiques, avant de rappeler quelques enjeux relatifs à la symmachia contractuelle dans le droit international du monde grec.

  • Auteur : Sandra PÉRÉ‑NOGUÈS
    Les symmachies en Sicile des expéditions d’Athènes à la stratégie de Timoléon
    [Résumé]

    La richesse du dossier sicilien aussi bien du point de vue des sources historiques qu’épigraphiques invite à une nouvelle lecture de l’histoire des symmachies en Sicile de la deuxième moitié du Ve siècle jusqu’au milieu du IVe siècle. Elles furent à la fois un facteur d’intégration mais aussi d’exclusion pour les cités de Sicile mais aussi de Grèce égéenne, en raison de l’extrême variabilité des enjeux insulaires. Si les symmachies eurent un rôle dans l’ascension hégémonique de certaines cités comme Syracuse, elles contribuèrent aussi à l’émergence d’une identité commune aux cités et aux peuples de l’île.

  • Auteur : Aliénor RUFIN SOLAS
    Symmachia et hégémonie sur les peuples guerriers de Thrace, du royaume odryse à la domination macédonienne
    [Résumé]

    La notion de symmachia hégémonique, entendue comme système d’alliances guerrières inégales avec une puissance dominante, est proposée pour décrire la nature de la domination des Odryses en Thrace au moment de la guerre du Péloponnèse, ainsi que les relations établies entre Philippe II et ses voisins de l’intérieur de la Thrace.

  • Auteur : Denis KNOEPFLER
    « Pour que demeurent la philia et la symmachia entre Athènes et les Eubéens » (IG II2 149 = IG II3 1, 2, 398, une inscription attique à reconsidérer)
    [Résumé]

    La première partie (I) de cet article fait l’inventaire critique des documents se rapportant aux alliances conclues par les Athéniens avec les cités de l’Eubée durant la première moitié du IVe siècle av. J.-C., en s’arrêtant en particulier sur l’inscription attique qui, selon la restitution naguère présentée par l’auteur lui-même, doit avoir été, en 394, une « paix de cent ans » entre Athènes et Érétrie (IG II2 16). On revient ensuite (II) sur le décret proposé par Hésésippe, partisan de Démosthène, à la suite d’une attaque athénienne contre le territoire des Érétriens en 348 (IG II2 125, maintenant II3 1, 2, 399), afin de montrer que le document lui-même ne peut guère être antérieur aux règlements de compte de l’année 343, en dépit de la tentative intéressante faite par M. Dreher (1995) – que suit St. Lambert, éditeur du nouveau corpus attique (2012) – pour le mettre en 348 déjà. Enfin (III), l’auteur reprend l’étude du décret de proxénie IG II2 149, constamment allégué en faveur de l’existence d’un koinon eubéen censé avoir conclu – à un moment indéterminé des années 350 ou 340 – un traité « d’amitié et d’alliance avec le Peuple des Athéniens ». Là encore dans le sillage de l’exégèse récemment proposée par Dreher, l’éditeur du récent fascicule (IG II3 1, 2, 398) voudrait attribuer cette inscription à la même année 348 que le décret d’Hégésippe. Mais, à l’examen, cette datation doit, elle aussi, être rejetée, car de solides indices épigraphiques mettent hors de doute que le document est, en réalité, antérieur de peu au milieu du IVe siècle. De fait, c’est au lendemain du Bellum Euboïcum de 358/7 que les Athéniens ont dû vouloir honorer Hérakléodôros (d’Histiaia) – à identifier très probablement au réformateur homonyme de la constitution hisitéenne connu par la Politique d’Aristote – et deux de ses compatriotes. Or, à cette date, il est exclu qu’ait existé un État fédéral eubéen avec lequel Athènes aurait pu signer un traité parallèle à ceux qu’elle a effectivement conclus avec chacune des quatre cités de l’île. Les Euboeis mentionnés dans la clause hortative du décret ne sauraient donc avoir constitué autre chose que le cadre ethnico-géographique où se déployaient alors les efforts de la diplomatie athénienne pour s’attacher durablement l’ensemble des peuples de l’Eubée.

  • Auteur : Jean-Christophe COUVENHES
    Quelques remarques sur le recrutement des soldats crétois outre-mer à travers les traités de symmachia
    [Résumé]

    Les traités de symmachia qui sont conservés sur la pierre, liant des cités crétoises à des puissances du monde grec, comme les sources littéraires, permettent de poser quelques remarques sur le recrutement des soldats de l’île outre-mer. Les traités et les auteurs envisagent deux procédures, la xenologia et la symmachia. S’ils désignent le principe de l’alliance, boetheia et symmachia peuvent également servir à qualifier la troupe de secours ou d’auxiliaires, dont la composition est contrôlée par la cité. Les traités de symmachia permettent sans doute aussi de poser à nouveau la question des Crétois et des Néocrétois. La question de l’égalité ou de l’inégalité des traités de symmachia et celle des conditions de service des symmachoi et des mercenaires permettent enfin d’envisager combien les traités de symmachia ont été un outil juridique adapté aux puissances du temps et aux cités de l’île dont l’unité n’a jamais été réalisée au sein d’un koinon.

  • Auteur : Évelyne SCHEID-TISSINIER
    Le roi et ses alliés, cohésion et dissensions dans l’alliance achéenne homérique
    [Résumé]

    Réunie par Agamemnon, l’alliance achéenne mise en scène dans l’Iliade, est composée de contingents venus de toutes les régions du monde grec et fonctionne comme une communauté organisée selon trois niveaux hiérarchiques : le roi, les chefs (les basileis) qui ont choisi de se joindre à l’alliance, et les troupes, les laoi, qui ont accompagné leurs chefs devant Troie. Les raisons d’être de cette guerre sont formulées de manière à associer étroitement l’ensemble des Achéens à l’entreprise, définie comme une vengeance destinée à répondre à l’enlèvement d’Hélène. Si Agamemnon possède en principe sur l’ensemble de la coalition un pouvoir surplombant, dans les faits, le roi ne montre pas toujours les qualités qui lui permettraient d’exercer une autorité indiscutée. D’où le surgissement de conflits qui sont autant de forces centrifuges susceptibles de mettre en péril la cohésion de l’alliance. Le but de cette étude est d’analyser la manière dont sont maintenus les équilibres entre le roi et les chefs alliés d’une part, entre le roi et l’ensemble des hommes des troupes d’autre part, à travers l’usage politique qui est fait de l’approbation, des remontrances et du blâme.

  • Auteur : Jacqueline CHRISTIEN-TREGARO
    Areus et le concept de symmachie au IIIe siècle. Les réalités hellénistiques
    [Résumé]

    Déjà, dès la fin du IVe siècle, les expéditions extérieures d’Acrotatos en Sicile puis de Cléonyme à Tarente puis Corcyre, semblent devoir être interprétées moins comme des aventures personnelles ou des tentatives de se tailler une royauté, que jouer le jeu de l’État spartiate. Au IIIe siècle, après avoir été confronté à la descente de Démétrios en Laconie, dans le contexte de l’après 281, Areus cherche à construire une symmachie hégémonique, dont on peut percevoir que, de près ou de loin, elle mit en relation Sparte avec des cités de Crète occidentale ou le tyran de Kassandreia, lui-même allié d’Antiochos Ier, le Séleucide. À la mort de Pyrrhos en 272, Antigone Gonatas redevient l’ennemi héréditaire des Spartiates qui se tournent vers les Lagides. Le décret de Chrémonidès en dit long sur la symmachie conduite par Areus, mais la mort du roi met en lumière la puissance en trompe l’œil de la cité.

  • Auteur : Alexandru AVRAM
    Sur la date du traité entre Pharnace et Chersonèse Taurique
    [Résumé]

    Le traité entre Pharnace du Pont et Chersonèse de Tauride est daté « du mois de Daisios, de la cent cinquante-septième année, comme le compte le roi Pharnace ». Il y a plus de cent ans, le premier éditeur, R. Kh. Loeper, suivi par l’éditeur des IOSPE (n° 402), avait rapproché l’inscription de Polybe, XXV, 2, 1-15, y avait vu un écho de la paix conclue entre Pharnace et ses ennemis de la guerre pontique de 183/2-180/79, et avait daté le traité d’avril/mai 179 selon une ère débutant avec l’avènement du supposé fondateur du royaume du Pont, Mithridate II de Kios (336 ?). Alors que dans les années 1980, prenant en compte l’ère séleucide, on avait pensé pouvoir descendre le traité de Pharnace avec Chersonèse au printemps 155, la présente contribution réévalue la durée de règne de Mithridate IV (ca 170-ca 150), frère et successeur de Pharnace, notamment à la lumière de sa production monétaire et de la date de sa dédicace capitoline, probablement haute (peu après 167). Pharnace ayant régné de ca 196 à ca 170, le traité ne peut dater de 155. L’ère utilisée par Pharnace ne fait pas mention de l’avènement de Mithridate II de Kios, puisque les sources littéraires et l’archéologie montrent que le véritable fondateur de la dynastie est le fils de ce dernier, Mithridate Ier Ktistès. On peut émettre l’hypothèse que Pharnace utilise une ère sinopéenne, commençant à l’équinoxe de l’automne 336 et introduite après sa conquête de la ville dont il fit sa capitale. Datant du printemps 179, le traité peut être interprété comme la volonté des Chersonésitains de chercher la protection du roi du Pont, contre les Scythes, et peu leur importait la clause concernant l’obligation de préserver l’amicitia envers Rome.