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L'empire perse, les Grecs et le politique
Auteur : Alexandre TOURRAIX
Lieu d'édition : Besançon
Année de parution : 2021
Nombre de pages : 440p.
ISBN : 9782848678610
Format : 16*22


[Sommaire]
Introduction
Penser le politique en Grèce ancienne : la loi du Nombre


L’invention du politique
L’héritage grec
L’empire perse et les Grecs

Chapitre I
L’Empire du Nombre


I- Le paradoxe achéménide
1- Fascination et malentendus
2- L’ordre du discours
3- Conclusion

II- La crise de 522 dans l’empire perse
1- La succession de Cyrus
2- Le partage de la souveraineté
3- La jalousie du Grand Roi
4- L’image du roi et son double
5- Physiologie de l’hubris
6- Conclusion

Chapitre II
La meilleure constitution

I- Le complot des Sept
1- Une conjuration par cooptation
2- Le débat tactique
3- Les conjurés en action
4- Conclusion

II- Le grand débat : monarchie, oligarchie, démocratie
1- Le problème de l’authenticité du débat constitutionnel
2- Éléments d’arithmétique politique
3- Conclusion

Chapitre III
La typologie de la royauté mède et perse


I- Le rôle du fondateur : Déiocès, Cyrus, et Darius
1- Le roi justicier : Déiocès
2- Fondateur et conquérant : Cyrus
3- Le refondateur : Darius

II- Le roi guerrier : Phraorte, Cyaxare, Cambyse et Xerxès
1- Phraorte et Cyaxare
2- Les colères du conquérant
3- La défaite du guerrier

III- La fonction vitale et la femme fatale : Astyage, Xerxès
1- Fécondité des filles et souveraineté
2- Les errements du vaincu

Conclusion générale

Bibliographie
[Contents]


Les théoriciens du IVe siècle avant J.-C. n’ont pas inventé de toutes pièces la pensée politique. Mythes et épopées grecs contiennent une réflexion permanente sur les rapports de pouvoir entre les dieux, les héros et les hommes. Au Ve siècle avant J.-C., les poètes, les historiens et les sophistes poursuivent cette réflexion en l’adaptant au genre ou à l’art qu’ils pratiquent, et en l’appliquant à l’univers de la Cité grecque. Le débat sur la meilleure constitution accompagne l’évolution de cette dernière. Parallèlement, l’observation de la plus grande puissance de leur temps, l’empire perse achéménide, et le souvenir des états qu’il a absorbés les uns après les autres, suscite chez eux fascination et perplexité, car la Polis et les empires qui ont successivement ou concurremment dominé le Proche-Orient asiatique et égyptien leur paraissent relever de deux modèles rigoureusement antithétiques. La réflexion politique grecque naît des vicissitudes internes des cités, et de la comparaison plus ou moins consciente de ces deux modèles.

Fourth-century BC theorists did not discover political thought. Greek myths and epics contain a permanent reflection on the power relations between gods, heroes and men. In the 5th century BC, poets, historians and sophists continued this reflection by adapting it to the genre or art they practice, and by applying it to the universe of the Greek city. The debate on the best constitution accompanies the evolution of the latter. At the same time, the observation of the greatest power of their time, the Achaemenid Persian Empire, and the memory of the states which it absorbed one after the other, arouses in them fascination and perplexity, because the Polis and the empires which have successively or concurrently dominated the Asian and Egyptian Near East appear to them to come from two strictly antithetical models. Greek political reflection is born from the internal vicissitudes of cities, and from the more or less conscious comparison of these two models.

Los teóricos del siglo IV a. C. no inventaron el pensamiento político. Los mitos y las epopeyas griegas contienen una reflexión permanente sobre las relaciones de poder entre dioses, héroes y hombres. En el siglo V a. C., poetas, historiadores y sofistas continuaron esta reflexión adaptándola al género o arte que practican, y aplicándola al universo de la ciudad griega. El debate sobre la mejor constitución acompaña la evolución de esta última. Al mismo tiempo, la observación del mayor poder de su tiempo, el Imperio Persa aqueménida, y el recuerdo de los estados que absorbió uno tras otro, despiertan en ellos fascinación y perplejidad, porque la Polis y los imperios que han dominado sucesiva o concurrentemente el Cercano Oriente asiático y egipcio que parecen provenir de dos modelos estrictamente antitéticos. La reflexión política griega nace de las vicisitudes internas de las ciudades y de la comparación más o menos consciente de estos dos modelos.