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Cette opération a pour ambition de s’intéresser aux problèmes politiques, sociaux, culturels et religieux qui affectent les relations entre libres et dépendants au sein des sociétés « esclavagistes », à « esclaves » ou coloniales dans le monde antique et dans les mondes modernes issus des découvertes européennes, de la colonisation et de la place de la culture classique dans ces sociétés post-antiques. Les cas des mondes ibéro-américain et anglo-américain seront tout particulièrement abordés. En effet, la présence de nouveaux collègues italianistes, hispaniste et anglicistes dans le laboratoire est l’occasion de s’investir dans un domaine d’étude délaissé par les études francophones, à l’exception du monde caraïbe qui soulève cependant de nombreuses tensions en raison des enjeux mémoriels. L’étude de la place de l’esclavage, des diverses formes de dépendance, du travail forcé, des libérations nationales, des métissages, de l’immigration s’avère être un creuset essentiel pour comprendre l’histoire de ces régions.

Ce projet prendra pour objet d’enquête les populations marginales dans l’Antiquité classique et le monde colonial américain. Il vise à comprendre d’une part comment se construisent les mécanismes d’exclusions des dépendants des sphères politique et religieuse officielles, d’autre part à l’analyse des croisements entre les faits politiques, économiques et religieux et la construction d’identités (juridiques, sociales, culturelles).

 La dimension religieuse sera appréhendée, par le biais d’un travail de lectures croisées des pratiques antiques et coloniales, pour ébaucher une compréhension des rapports de tensions et d’exclusion mais aussi en tant qu’origine d’espaces identitaires communs ou de discours normatifs.

La phase préparatoire de cette recherche a débuté à l’automne 2015 avec un colloque, les 27 et 28 novembre, sur Religion sous contrôle. Pratiques et expériences religieuses de la marge ? (colloque publié fin 2016). Il s’agit, en prenant comme point de départ Rome et ses provinces occidentales, de réfléchir à la pratique et aux expériences religieuses de ceux dont le statut et l’origine les exposent à des phénomènes d’exclusion (femmes, enfants, esclaves et affranchis, pérégrins, étrangers) en interrogeant la place qu’ils occupent dans les faits religieux de la cité. À la suite de ce colloque, d’autres rencontres ont été organisées pour circonscrire la recherche qui pourra être efficiente au cours du prochain contrat.

De ce point de vue, les colloques du GIREA (Groupe International de Recherche sur l’Esclavage depuis l’Antiquité) constituent des relais et des leviers essentiels en raison de la participation croissante des pays américains à ce réseau scientifique et du centre de pilotage de celui-ci depuis l’ISTA.