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Les associations cultuelles en Grèce et en Asie Mineure aux époques hellénistique et impériale
Auteur : Julien DEMAILLE, Guy LABARRE
Lieu d'édition : Besançon
Année de parution : 2021
Nombre de pages : 208p.
ISBN : 9782848678665
Format : 16*22


[Sommaire]
Introduction. Pour une histoire sociale, politique et culturelle des associations cultuelles en Grèce et en Asie Mineure (époques hellénistique et impériale)
J. DEMAILLE

Νῦν πάντων πρῶτοι τῶν βακχείων. Les associations en « réseau » : compétition rituelle, sociale, politique ?
A.-F. JACCOTTET
Aspects du dionysisme et du ménadisme en Macédoine pendant la période impériale : les associations de femmes
A. D. RIZAKIS

L’association des fidèles de Zeus Hypsistos à Pydna, reflet d’une société périphérique sur le territoire colonial de Dion (Piérie, Macédoine)
J. DEMAILLE

Esclaves et affranchis dans les associations hellénistiques : le cas des Phrygiens
S. MAILLOT

Les associations d’Asclépiastes en Asie mineure occidentale
É. PIGUET

Les Xenoi tekmoreioi d’Antioche de Pisidie : bilan et problèmes
G. LABARRE

Étude de cas d’une association religieuse supra-civique : le koinon d’Athéna Ilias
W. PILLOT

Le koinon des Ioniens à l’époque impériale : cultes communs et compétition civique
G. FRIJA


[Contents]

Les cités de Macédoine, des espaces égéen et anatolien sont, aux époques hellénistique et romaine, un cadre vivant et dynamique dans lequel les associations cultuelles jouent un rôle majeur. Cet ouvrage collectif met en lumière l’organisation de ces sociétés religieuses, tentent de déterminer le faciès social des membres, leurs statuts, leurs fonctions, leurs pratiques culturelles, leurs stratégies identitaires et s’interrogent sur l’existence de réseaux.


Descriptif du collectif
  • Auteur : Anne-Françoise JACCOTTET
    Νῦν πάντων πρῶτοι τῶν βακχείων. Les associations en « réseau » : compétition rituelle, sociale, politique ?
    [Résumé]

    Cette exclamation des Iobakkhoi athéniens ouvre la voie à une réflexion sur un possible sentiment d’appartenance à un mouvement suprarégional des associations dionysiaques. L’analyse porte sur divers dossiers : les associations contemporaines dans une même cité ; les distinctions par un qualificatif de type « nouveau » ou « ancien » ; les indices de rapprochements rituels entre associations, comme la diffusion de la fonction de boukoloi depuis Pergame. C’est la composante sociale, la recherche de prestige qui dictent les distinctions dans une dynamique promotionnelle sans lien direct avec le rituel, toujours ancré localement. En adoptant un Dionysos sans épiclèse, les technites atteignent une visée universelle, comme le feront certaines évocations littéraires. La construction d’ une dimension suprarégionale n’ est que très abstraite, basée sur le plan imaginaire, par référence littéraire et « culturelle », au prix de l’abandon, momentané, des particularités rituelles bien locales, individuelles, « irréductibles ».

    Mots-clés : Dionysos, Associations, Identité suprarégionale, Koinè culturelle, Rituel local, Épiclèse, Boukoloi, Technites, Éphèse, Iobakkhoi.

    Abstract: This exclamation from the Athenian Iobacchoi sets the stage for a reflection on a possible feeling of supra-regional community uniting the Dionysiac associations. The paper analyses this question from varying perspectives and materials: contemporary associations in a single city-state; distinctions through a qualifier like “new” or “ancient”; possible ritual rapprochements between different associations, particularly the dissemination of the bucoloi as a new ritual position. The social component and the pursuit of prestige were the driving motivations for these distinctions in a dynamic of self-promotion without any attested link to the rites, which remained locally anchored. With the adoption of a Dionysos without epiclesis, the technitai achieved a real universality, as did some literary or poetic texts. The setting up of a supra-regional dimension was only abstract, based on the imaginary through literary and “cultural” references, requiring to set aside ritual features for a while, as they remained necessarily local, individual and “irreducible”.

    Keywords: Dionysos, Associations, Supra-Regional Identity, Cultural koine, Local Rites, Epiclesis, Bucoloi, Technitai, Ephesos, Iobacchoi.


  • Auteur : Athanasios RIZAKIS
    Aspects du dionysisme et du ménadisme en Macédoine pendant la période impériale : les associations de femmes
    [Résumé]

    Les associations dionysiaques féminines de la période impériale romaine s’inspirent du modèle établi par la tradition littéraire du Ve siècle (Bacchantes d’Euripide). Les bacchantes s’appellent « ménades », à Philippes, mais à Pella et à Lété, elles portent le nom « Eviades », dénomination probablement locale. Toutes ces associations dionysiaques féminines imitent – comme celle de Magnésie du Méandre en Asie Mineure – le modèle des ménades thébaines, mais leur statut, leur organisation et éventuellement certains rituels suivent des modèles contemporains. Le dionysisme et le ménadisme ont des racines profondes en Macédoine et en Thrace, fait qui est démontré aussi bien par des sources littéraires et épigraphiques que par des données numismatiques et archéologiques.

    Mots-clés : Macédoine, Province romaine, Colonie de Philippes, Religion grecque, Dionysos, Associations dionysiaques, Associations de femmes, Ménades, Ménadisme.

    Abstract: Women’s Dionysiac associations in the Roman imperial period were inspired by the model established by the literary tradition of the fifth century (Euripides’s Bacchae). Bacchants are called “maenads” in Philippi but in Pella and Lete they bear the name “Eviades,” which was, probably, a local denomination. All these women associations probably imitated the model of the Theban maenads, much as what happened in Magnesia on the Meander in Asia Minor, but their status, organization, and potentially some rituals followed contemporaneous models. Dionysism and Maenadism had deep roots in Macedonia and Thrace, a fact that is demonstrated by literary and epigraphic sources as well as numismatic and archaeological data.

    Keywords: Roman Province of Macedonia, Colony of Philippi, Greek Religion, Dionysos, Dionysiac Associations, Women’ s Associations, Maenads, Maenadism.


  • Auteur : Julien DEMAILLE
    L’association des fidèles de Zeus Hypsistos à Pydna, reflet d’une société périphérique sur le territoire colonial de Dion (Piérie, Macédoine)
    [Résumé]

    L’association cultuelle à Zeus Hypsistos de Pydna est connue par une grande stèle datée conjointement par l’ère macédonienne et l’ ère d’ Auguste. En énumérant les noms des dignitaires et des fidèles, cette inscription présente les fonctions des responsables de la confrérie et permet d’appréhender le faciès social d’une association située en périphérie du territoire colonial de Dion au milieu du IIIe siècle apr. J.-C. Mise en perspective avec les autres inscriptions du territoire, l’étude cette stèle tentera de comprendre les particularités du culte voué à Zeus Hypsistos à Pydna. Mais bien des questions restent en suspens, notamment celle de déterminer à quel sanctuaire cette association est liée.

    Mots-clés : Pydna, Dion de Piérie, Macédoine, Zeus Hypsistos, Association cultuelle, Épigraphie, Colonie romaine.

    Abstract: The cultural association devoted to Zeus Hypsistos at Pydna is known by a large stele both dated by the Macedonian era and the Augustan era. By enumerating the names of the dignitaries and of the worshippers, the inscription gives some information concerning the functions of the officials and allows us to study the social characteristics of an association located at the periphery of the colonial territory of Dion by the middle of the 3rd century A.D. Put into perspective with other inscriptions in the territory, the study of this stele will try to help us understand the peculiarities of the worship dedicated to Zeus Hypsistos in Pydna. But many questions remain unanswered, in particular how to determine to which sanctuary this association is connected.

    Keywords: Pydna, Dion of Pieria, Macedonia, Zeus Hypsistos, Cultual Association, Epigraphy, Roman Colony.


  • Auteur : Stéphanie MAILLOT
    Esclaves et affranchis dans les associations hellénistiques : le cas des Phrygiens
    [Résumé]

    L'historiographie récente a essentiellement abordé le phénomène associatif sous l’angle de la construction de la notabilité, dans le cadre d’une histoire des élites. De ce fait la composition servile et affranchie de ces groupes sociaux est sans doute très sous-estimée. Cette étude envisage le cas des Phrygiens, qui constitue une part importante de la population servile des cités grecques égéennes. Par un recensement systématique des attestations épigraphiques des personnes portant l’ethnonyme Phryx dans le monde égéen, il est montré que ceux-ci sont très majoritairement, voire exclusivement des esclaves et que leur présence dans les associations, essentiellement décelable par leur onomastique, est importante. L'exemple d’une association dite de Phrygiens dans une inscription d’Astypalée permet d’ affirmer que ses membres ne sont pas des Phrygiens hellénisés comme on l’a supposé, mais des esclaves et/ou affranchis d’origine phrygienne ou d’ autres origines étrangères et des esclaves nés sur place : le mot Phrygien revêt ici comme ailleurs un sens plus statutaire et social qu’ ethnique.

    Mots-clés : Phrygiens, esclaves, associations hellénistiques, onomastique servile, condition servile, religion des esclaves.

    Abstract: Recent research has conceived the phenomenon of association building as a tool of notability construction, and as an element of the history of social élites. This perspective has led to an underestimation of the part played by slaves and freedmen as members of those associations. We concentrate here on the case of the Phrygians, an important part of the servile population of Greek city-states. Through a systematic inventory of epigraphical evidence of bearers of the ethnonym Phryx in the Aegean world, this paper intends to show that they were mainly if not always slaves and that their presence in associations is important, and traceable through onomastics. The example of one association of Phrygians mentioned in an inscription from Astypalaia allows me to conclude that its members were not, as the communis opiniowould have it, Hellenized Phrygians, but slaves and/or freedmen of Phrygian origin or other origins, and slaves born on the spot. The word Phrygian has, here and elsewhere, a more social and statutory significance than an ethnic one.

    Keywords: Phrygian, Slaves, Hellenistic Associations, Slaves Names, Slaves Condition, Slaves Religion.


  • Auteur : Émilie PIGUET
    Les associations d’Asclépiastes en Asie mineure occidentale
    [Résumé]

    Les fidèles du dieu guérisseur Asclépios pouvaient se réunir dans des associations, connues dans les sources sous le nom d’Asclépiastai. Or, ces groupements d’Asclépiastes n’ont pas fait l’objet jusqu’à présent d’une synthèse. Cet article se propose donc de combler cette lacune pour la partie occidentale de l’Asie Mineure et les îles proches. Quinze documents épigraphiques, datés entre le IIe siècle av. J.-C. et le IIIe siècle apr. J.-C., mentionnent l’existence de telles communautés à Rhodes et dans la Pérée rhodienne, à Alexandrie de Troade, à Smyrne et, fait original, dans un phrourion qui occupait le sommet d’une hauteur située sur le territoire de Pergame. Leur analyse permet de caractériser ces associations : dénomination, localisation, fondation, composition sociale, rôle etc.

    Mots-clés : Associations religieuses ; Asclépiastai ; Asclépios ; cités grecques ; phrourion ; Asie Mineure.

    Abstract: The worshippers of the healing god Asklepios would gather in associations, known in the sources as Asklepiastai. However, these groups of Asklepiastes have not been synthetically studied so far. Thus, this article proposes to fill the gap for the western part of Asia Minor and the nearby islands. Fifteen epigraphical documents, dated between the 2nd century BC and 3rd century AC, mention the existence of such communities at Rhodes and the Rhodian Peree, at Alexandria Troas, Smyrna, and, interestingly one original fact, in a phrourion which occupied the summit of an elevation situated in the territory of Pergamon. Their analysis makes it possible to characterize these associations: denomination, location, foundation, social composition, role…

    Keywords: Religious Associations, Asklepiastai, Asklepios, Greek Cities-States, Phrourion, Asia Minor.


  • Auteur : Guy LABARRE
    Les Xenoi tekmoreioi d’Antioche de Pisidie : bilan et problèmes
    [Résumé]

    Cet article dresse un bilan des connaissances sur l’association des Xenoi Tekmoreioi d’Antioche de Pisidie, souligne les problèmes posés par ce dossier documentaire et expose les différentes interprétations. Plusieurs problèmes sont étudiés : la définition du dossier documentaire, la datation des documents, les lieux de découverte. Plusieurs questions sont posées : quel sanctuaire était édifié à Sağır, dans la campagne d’Antioche, et à quelle(s) divinité(s) était-il consacré ? Comment interpréter le terme Xenoi tekmoreioi désignant les membres de l’association ? L’hypothèse défendue dans cet article est que les adorateurs du dieu lunaire Men, qui pratiquaient le rite tekmor, se désignaient comme tekmoreioi, tandis qu’ étaient réunis dans l’association des Xenoi tekmoreioi établie à Sağır les hôtes qui accueillaient ou venaient en pèlerinage à Antioche. Au vu des vestiges et de la renommée du sanctuaire de Men d’Antioche de Pisidie, il est vraisemblable que les pèlerins étaient attirés par le culte du dieu lunaire, ce qui n’empêchait pas les membres de l’association de se dévouer aussi à Artémis et au culte impérial.

    Mots-clés : Association, Antioche de Pisidie, Xenoi Tekmoreioi, Cultes, Sanctuaire, Men, Artémis, Culte impérial.

    Abstract: This article summarizes knowledge about the association of Xenoi Tekmoreioi of Pisidian Antioch; underlines the problems posed by this documentary dossier; and exposes the different interpretations. Several problems are studied: the definition of the documentary dossier, the dating of documents, the places of discovery. Several questions are asked: which sanctuary was built at Sağır, in the Antioch countryside, and to which divinity(-ies) was it consecrated? How to interpret the term Xenoi tekmoreioi designating the members of the association? The hypothesis defended in this article is that the worshipers of the lunar god Men who practiced the rite tekmor identified themselves as tekmoreioi, while the association of Xenoi tekmoreioi brought together hosts who welcomed or came on pilgrimage to Antioch. In view of the remains and fame of the sanctuary of Men of Pisidian Antioch, it is likely that the pilgrims were attracted by the worship of the lunar god, which did not prevent the members of the association from devoting themselves also to Artemis and to the imperial cult.

    Keywords: Association, Pisidian Antioch, Xenoi tekmoreioi, Cults, Sanctuary, Men, Artemis, Imperial Cult.


  • Auteur : William PILLOT
    Étude de cas d’ une association religieuse supra-civique : le koinon d’Athéna Ilias
    [Résumé]

    Le koinon d’Athéna Ilias est une association religieuse regroupant différentes cités grecques autour du sanctuaire d’Athéna Ilias à Ilion (Troie). Il permet une intéressante étude de cas du fonctionnement institutionnel d’une association religieuse supra-civique réunissant des cités grecques de différentes régions (Troade, Propontide) et d’origines ethniques diverses. Ce sanctuaire civique, appartenant à la cité d’Ilion, a en effet également une dimension fédérale, dans la mesure où la panégyrie des Panathénées y est administrée en commun par les différentes cités membres du koinon. Cette association religieuse supra-civique est principalement documentée par l’épigraphie. L’étude de la nature, de l’organisation et de la composition de cette association religieuse révèle la façon dont politique et religion sont intrinsèquement liées dans le monde grec antique.

    Mots-clés : Ilion, Athéna Ilias, Koinon, Troade, Propontide, Religion civique, Fédéralisme, Sanctuaire grec, Épigraphie grecque.

    Abstract: The koinon of Athena Ilias is a religious association of Greek cities gathered around the sanctuary of Athena Ilias in Ilion (Troy). It offers a good case study of how a religious supra-civic association could survive as it bound together different cities of different regions and origins. This civic sanctuary had a federal and regional dimension. It belonged to the city of Ilion, but the festival of the Panathenaia was administrated by all the cities of the koinon of Athena Ilias. This religious supra-civic association is mainly known by epigraphic material. The study of the nature, the organization, the ethnic and the geographic composition of this koinon gives us precious information about how politics and religion are closely linked in the ancient Greek world.

    Keywords: Ilion, Athena Ilias, Koinon, Troad, Propontis, Civic Religion, Federalism, Greek Sanctuary, Greek Epigraphy.


  • Auteur : Gabrielle FRIJA
    Le koinon des Ioniens à l’époque impériale : communauté cultuelle et compétition civique
    [Résumé]

    À partir d’une étude de la documentation épigraphique et numismatique mentionnant l’Ionie à l’époque impériale, l’ article s’interroge sur les ressorts de la persistance d’une identité ionienne dans l’Asie Mineure romaine. Du point de vue social, les dignitaires du koinon apparaissent comme de grands notables locaux, mais dont les familles n’ont pas encore les moyens d’exercer une activité à l’échelle provinciale. Du point de vue des cités, la répartition chronologique et géographique de la documentation montre que la revendication ionienne est réactivée dans le contexte de la lutte pour les titres civiques, en particulier par la cité de Milet. Davantage que la solidarité, c’est la compétition entre les membres du koinon qui semble à l’origine de sa mention plus fréquente à la fin du IIe siècle et au IIIe siècle. Ainsi, le koinon d’Ionie se révèle à la fois le lieu de célébration rituelle d’une communauté ionienne, et le lieu d’un agôn qui tend à s’ exacerber entre les cités qui en sont membres.

    Mots-clés : Asie (province romaine), Ionie, Titres honorifiques, Koinon.

    Abstract: Based on a study of the epigraphic and numismatic documentation mentioning Ionia during the imperial period, the article examines the reasons for the persistence of an Ionian identity in Roman Asia Minor. In terms of social history, the officials of the koinon belonged to the local élite, but they did not seem to be able to carry out an activity at the provincial level. As for the history of the relations between the cities, the chronological and geographical distribution of the documentation shows that the Ionian claim was reactivated in the context of the struggle for civic titles, in particular by the city of Miletus. Rather than solidarity, the competition between the members of the koinon seems to explain the more frequent mentions of Ionia at the end of the second century and in the third century. Thus, the koinon of Ionia, whilst remaining a cultual community, provides a framework for the agonistic relationship between its members, in the context of the exacerbation of the civic competition in Asia.

    Keywords: Asia (Roman Province), Ionia, Honorific Titles, Koinon.