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Revue internationale d’Histoire Militaire Ancienne – HiMA 11, 2022
Lieu d'édition : Besançon
Année de parution : 2022
Nombre de pages : 466p.
ISBN : 9782848679440
Format : 16x24
Langue : Français


[Sommaire]

In Memoriam Jeannine Boëldieu-Trevet (1942-2022)

DOSSIER I – FEMMES, VIOLENCES ET GUERRES DANS LE MONDE GRECO-ROMAIN


Présentation de la journée d’études « Parabainô : Femmes, violences et guerres dans le monde gréco-romain »
Annie ALLELY


Phérétimè de Cyrène : pouvoir, guerre, genre et transgression
Jeannine BOELDIEU-TREVET


La guerre du Péloponnèse : une violence paroxystique
Jérôme WILGAUX


Le viol des femmes en temps de guerre. Le cas de l’armée d’Alexandre entre 335 et 324 avant J.-C.
Isabelle PIMOUGUET-PEDARROS


Des femmes lanceuses de tuiles
Immacolata ERAMO


Les femmes dans les violences de guerre du monde romain (IIIe siècle avant J.-C.-Ier siècle après J.-C.)
Sophie HULOT


Violences au temps des guerres civiles de la fin de la République : l’exemple de Fulvie
Annie ALLELY



DOSSIER II – SYMMACHIA-SOCIETAS-FOEDUS : LES ALLIANCES MILITAIRES A L’EPREUVE DE LA GUERRE, DE PHILIPPE V A PAUL ÉMILE (221 A 160 AVANT J.-C.)


Symmachia-societas-foedus : les alliances militaires à l’épreuve de la guerre, de Philippe V à Paul Émile (221 à 160 avant J.-C.)
Jean-Christophe COUVENHES, Lucia ROSSI


La Béotie et les Antigonides, entre alliance et clientélisme
Thierry LUCAS


L’intégration très provisoire de Sparte dans la koinè symmachia macédonienne après la défaite de Sellasie (222-219 avant J.-C.)
Jean-Christophe COUVENHES


Une neutralité devenue impraticable : données épigraphiques, anciennes et nouvelles, sur la politique d’Athènes de sa libération en 229/228 à l’ambassade de Képhisodôros à Rome en 198/197 avant J.-C.
Denis KNOEPFLER


L’échec du siège de Corinthe (198 avant J.-C.) et ses conséquences sur l’alliance romaine avant Cynocéphales
Mathieu ENGERBEAUD


Ptolémée V Épiphane et la tutelle romaine : une réécriture tardive ?
Lucia ROSSI


L’alliance fragile entre Rome et les Ilergètes (218-195 avant notre ère)
Pierre SANCHEZ


Les transfuges dans les traités de paix entre Rome et les communautés hellénistiques de 221 à 160 avant J.-C.
Catherine WOLFF



ARTICLES VARIÉS


Sasanian Warriors in Context: Historical and Religious Commentary on a Middle Persian Chapter on Artēštārān (Dēnkard VIII, 26)
Samra AZARNOUCHE, Maxime PETITJEAN


Le rôle des fédérés transcaucasiens dans les guerres persiques d’Héraclius (622-628). 2e partie : Combattre pour l’Empire
Guillaume SARTOR



COMPTES RENDUS

[Contents]

La Revue internationale HiMA s’adresse à un public averti – enseignants, chercheurs et enseignants-chercheurs, étudiants – dans le domaine de l’histoire militaire, de la guerre et des sociétés dans les mondes anciens (Proche-Orient, Égypte, Grèce, Rome, Antiquité tardive). Revue annuelle internationale plurilingue, elle est composée d’articles, de chroniques, de comptes rendus, de notes de lecture, et édite des suppléments thématiques.


Die internationale Zeitschrift HiMA richtet sich an einen sachkundiges Publikum (Lehrkräfte, Forscher und Studenten) und befasst sich mit Militär- und Gesellschaftsgeschichte des Klassischen Altertums (Naher Osten, Ägypten, Griechenland, Rom, Spätantike). Sie erscheint einmal im Jahr und ist mehrsprachig. Jede Nummer enthält Aufsätze, Buchbesprechungen, Kolumnen und Notizen. Thematische Beihefte werden ebenso veröffentlicht.


The international journal HiMA is aimed at an informed public –scholars– in the field of Military History, War and Societies in the ancient worlds (Near East, Egypt, Greece, Rome, Late Antiquity). This annual international multilingual journal includes scholarly articles, chronicles, book reviews, brief notes, abstracts, and keywords. It issues two or three yearly supplements.


La revista internacional HiMA está dirigida a un público informado –profesores, investigadores y docentes-investigadores, estudiantes– en el campo de la historia militar, la guerra y las sociedades de los mundos antiguos (Cercano Oriente, Egipto, Grecia, Roma, Antigüedad tardia). Esta revista anual internacional multilingüe se compone de artículos, columnas, informes, notas de lectura y publica suplementos temáticos.


La rivista internazionale HiMA si rivolga un pubblico colto e specializzato (docenti, ricercatori e studenti) nel campo della storia militare e delle società antiche (Vicino Oriente, Egitto, Grecia, Roma, tarda Antichità). È una rivista annuale che pubblica articoli, cronache, recensioni e note di lettura. Pubblica inoltre una serie di supplementi tematici.


Descriptif du collectif
  • Auteur : Annie ALLELY
    Présentation de la journée d’études « Parabainô : Femmes, violences et guerres dans le monde gréco-romain »
    [Résumé]

    L’objectif de ce dossier est de s’interroger sur les relations qui existent entre les femmes, la violence et la guerre dans le monde gréco-romain. Six articles analysent à la fois les violences de guerre faites à l’ encontre des femmes, comme le viol, mais aussi le rôle de certaines femmes qui participent à des actes de guerre violents.

    Mots-clés : Femmes, Violences, Guerre, Viol, Combattantes.
    Presentation of the Study Day “Parabainô: Women, Violence and Wars in the Greco-Roman World”

    Abstract:The aim of this file is to question the relationship between the women, the violence, and the war in the Greco-Roman world. Six papers consider at the same time the violences of wars against women, like the rapt, but also the role of some women combatants taking part in the violent fights.

    Keywords:Keywords: Women, Violences, War, Rapt, Combatants Women.

  • Auteur : Denis KNOEPFLER
    Une neutralité devenue impraticable : données épigraphiques, anciennes et nouvelles, sur la politique d’Athènes de sa libération en 229/228 à l’ambassade de Képhisodôros à Rome en 198/197 avant J.-C.
    [Résumé]

    Divisé en six sections (I-VI), l’article a pour objet de montrer comment Athènes fut amenée, en moins de trente ans, à renoncer à la politique de neutralité que, dès après sa libération de la tutelle macédonienne, avaient adopté ses dirigeants, les frères Eurykleidès et Mikiôn de Képhisia. À l’intérieur de cette période, la Paix de Naupacte conclue en 217 entre le roi Philippe V et les Étoliens n’a marqué aucun tournant pour Athènes, contrairement à ce qu’a pu donner à penser un excursus, fort malveillant, de Polybe sur la politique athénienne dans le contexte de l’ « imbrication » (symplokè) entre les affaires d’Occident et celles d’Orient (V, 106). La nouvelle chronologie des archontes athéniens entre 229/228 et 202/201 permet, en revanche, de situer très précisément en 211, au lendemain de la signature du traité romano-étolien, le moment où Athènes put commencer à prendre ses distances par rapport au roi de Macédoine, en commémorant publiquement, de diverses façons, son retour à la « constitution ancestrale », cette patrios politeia dont font mention deux décrets de Rhamnonte tout récemment publiés. C’est alors seulement, en effet, qu’est érigé en bordure de l’Agora ce monument exceptionnel qu’est la stèle des collèges archontaux des années 229/228 à 212/211. La période suivante est caractérisée, du côté d’Athènes, par une intense activité diplomatique, qui visait à mettre un terme au très dangereux conflit opposant les socii de Rome (Étoliens et Pergaméniens notamment) au roi de Macédoine et à ses symmachoi (au nombre desquels se trouvaient les voisins immédiats d’Athènes, Achéens et Béotiens confondus). À l’époque du traité de Phoinikè (206) – contrairement à ce que laisse croire la tradition annalistique dont Tite-Live se fait l’écho –, Athènes n’est pas encore entrée dans l’alliance romaine et demeure un État neutre. Mais la situation s’envenime à nouveau avec les entreprises de Philippe V en Asie Mineure contre le roi Attale et les Rhodiens (201) ; au même moment survient l’affaire d’Éleusis, qui donne au roi de Macédoine (depuis longtemps excédé par la complaisance des Athéniens à l’ égard de ses ennemis) l’occasion d’inciter ses alliés acarnaniens à intervenir militairement contre la cité autrefois sujette de ses ancêtres. Dès le printemps 200, poussés par le roi Attale, les Athéniens déclarent la guerre à Philippe, abolissent les deux tribus macédoniennes créées en 307 et instituent une phulè Attalis sur le modèle de la phulè Ptolémaïs constituée dès 224 en l’honneur de Ptolémée III. C’est à tort, en revanche, que l’on croit pouvoir associer à ce train de mesures la damnatio memoriae à l’ encontre de la monarchie macédonienne, décision qui n’a été prise qu’à l’arrivée de la flotte romaine au printemps suivant (comme cela découle sans équivoque du témoignage de Tite-Live). Dans l’intervalle, en été 200, aurait eu lieu, selon l’opinio communis, une ambassade à Rome de l’homme d’État Képhisodôros, laquelle aurait entraîné, au témoignage de Pausanias (I, 36, 5), l’intervention des Romains contre Philippe. Mais cette reconstitution des faits ne trouve aucun appui dans le décret (connu depuis 1936) qui fut voté pour ce personnage sous l’archontat de Chariklès, alors même que le document est censé dater de 196/195 ou même, conformément au consensus actuel des spécialistes, de 184/183 seulement. En réalité, tout invite à attribuer ce décret – nécessairement postérieur au tournant de 201/200 (rétablissement du système des douze tribus) – à l’année 200/199 (datation proposée par l’auteur dès 2012) et plus précisément au printemps 199, quand l’armée du consul P. Sulpicius Galba avait déjà débarqué à Apollonia (Épire). Dès lors, la seule députation que Képhisodôros conduisit à Rome, en compagnie d’autres Athéniens, est celle qui eut lieu à l’automne 198 dans le cadre des négociations menées entre le consul T. Quinctius Flamininus et le roi Philippe V (Polybe, XVIII, 10, 11, avec mention expresse de cet Athénien) : elle n’eut pas d’incidence significative sur le cours des événements, ni pour Athènes ni pour le roi de Macédoine.

    Mots-clés : Athènes, Indépendance et neutralité, Patrios politeia, Chronologie révisée des archontes éponymes (229/228-201/200), Royaume de Macédoine, Antigone Dôsôn et Philippe V, Relations avec l’Achaïe et l’Étolie, Nouvelle datation du décret attique pour Képhisodôros, Crise de l’année 200/199, Ambassade à Rome en 198 avant J.-C., Maurice Holleaux et Christian Habicht confrontés au témoignage de Pausanias.
    A More and More Problematic Neutrality: Old and New Epigraphical Data on the Policy of Athens from Its Freedom in 229/228 Until Cephisodorus’ Embassy to Rome in 198/197 BC

    Abstract: Divided into six sections (I-VI), the article aims to show how Athens was led, in less than thirty years, to renounce the policy of neutrality that, immediately after its liberation from the Macedonian domination, had been adopted by its leaders, the brothers Eurycleides and Micion of Cephisia. Within this period, the Peace of Naupactus concluded in 217 between king Philip V and the Aetolians did not mark any turning point for Athens, contrary to what a very malicious excursus by Polybius on Athenian politics in the context of the “interweaving” (symplokè) of Western and Eastern affairs (V, 106) might have suggested. The new chronology of the Athenian archons between 229/228 and 202/201 allows, on the other hand, to situate very precisely in 211, the day after the signing of the Roman-Aetolian treaty, the moment when Athens could begin to distance itself from the king of Macedonia, by publicly commemorating, in various ways, his return to the “ancestral constitution”, this patrios politeia of which two recently published decrees of Rhamnous make mention. It is only then, in fact, that the exceptional monument of the stele of the eponymous archons and their colleagues from 229/228 to 212/211 is erected on the edge of the Agora. The following period is characterised, on the Athens side, by an intense diplomatic activity, which aimed at putting an end to the very dangerous conflict opposing the socii of Rome (Aetolians and king Attalus in particular) to the king of Macedonia and his symmachoi (among whom were the immediate neighbours of Athens, Achaeans and Boeotians together). At the time of the treaty of Phoinikè (206) – contrary to the Roman historians’ tradition echoed by Livy –, Athens had not yet entered the Roman alliance and remained a neutral state. But the situation became more serious again with the undertakings of Philip V in Asia Minor against king Attalus and the Rhodians (201); at the same time, the Eleusis affair occurred, which gave the king of Macedonia (for a long time exasperated by the complacency of the Athenians towards his enemies) the opportunity to encourage his Acarnanian allies to intervene militarily against the city, formerly subject to his ancestors. As of spring 200, pushed by king Attalus, the Athenians declared the war to Philip, abolished the two Macedonian tribes created in 307 and instituted a phule Attalis on the model of the phule Ptolemais constituted since 224 in honor of Ptolemy III. It is wrong, on the other hand, to think that the damnatio memoriae against the Macedonian monarchy can be associated with this set of measures, a decision that was only taken upon the arrival of the Roman fleet the following spring (as it unequivocally follows from the testimony of Livy). In the meantime, in the summer of 200, according to the opinio communis, an embassy to Rome by Cephisodorus would have taken place, which would have led, according to the testimony of Pausanias (I, 36, 5), to Roman intervention against Philip. But this reconstruction of the facts finds no support in the decree (known since 1936) that was passed for this statesman under the archonship of Charikles, even though the document is supposed to date from 196/195 or even, according to the current consensus of scholars, from 184/183 only. Actually, everything suggests that this decree –necessarily subsequent to the turning point of 201/200 (re-establishment of the twelve-tribe system)– should be attributed to the year 200/199 (dating proposed by the author as early as 2012), and more precisely to the spring of 199, when the army of the consul P. Sulpicius Galba had already landed in Apollonia (Epirus). From then on, the only deputation that Cephisodorus led to Rome, together with other Athenians, was the one that took place in the autumn of 198 within the framework of the negotiations between the consul T. Quinctius Flamininus and king Philip V (Pol., XVIII, 10, 11, with express mention of this Athenian): it did not have any significant impact on the course of events, neither for Athens nor for the king of Macedonia.

    Keywords: Athens, Freedom and Neutrality, Patrios Politeia, Revised Chronology of Eponymic Archons (229/228-201/200), Kingdom of Macedonia, Antigonus Dôsôn and Philip V, Relations with Achaia and Aetolia, New Datation of the Attic Decree in Honour of Cephisodorus, Crisis of the Year 200/199, Embassy to Rome in 198 BC, Maurice Holleaux and Christian Habicht Confronted with Pausanias’ Statement.

  • Auteur : Jeannine BOËLDIEU-TREVET
    Phérétimè de Cyrène : pouvoir, guerre, genre et transgression
    [Résumé]

    Phérétimè de Cyrène, épouse de Battos III, mère d’Arkesilas III, occupe une place singulière dans l’œuvre d’Hérodote. Dans le dernier quart du VIe siècle avant notre ère, elle fit preuve d’une violence implacable, relevée aussi par Aristote, pour venger son fils assassiné par des opposants. Son rôle dans les luttes civiles (staseis), son recours aux forces perses, sa cruauté lors du siège de Barkè suscitent une triple interrogation. Cette violence brouille-t-elle les frontières de genre ? Le siège de Barkè excède-t-il le champ de la guerre ordinaire en mettant celle-ci au service de la stasis ? Les mutilations infligées aux vaincus – pal pour les hommes, mastectomie pour les femmes – ne sont-elles pas une transgression des règles les plus sacrées ? La comparaison avec Tomyris, reine des Massagètes, met l’accent sur la singularité de la figure de la Cyrénéenne.

    Mots-clés : Violence, Cruauté, Guerre civile, Guerre de siège, Mutilations, Genre, Transgression, Sacré.

    Pheretime of Cyrene: Power, War, Gender, and Transgression

    Abstract: Pheretime of Cyrene, spouse of Battus III, mother of Arcesilaus III, occupies a unique place in the work of Herodotus. In the last quarter of the sixth century BC, she showed implacable violence, also noted by Aristotle, to avenge her son murdered by opponents. Her role in the civil struggles (staseis), her use of Persian forces, her cruelty during the siege of Barca raise a triple questioning. Does this violence blur gender boundaries? Does the siege of Barca go beyond the scope of ordinary warfare by putting it at the service of the stasis? Are the mutilations inflicted on the vanquished –the torment of pal for men, mastectomy for women– not a transgression of the most sacred rules? The comparison with Tomyris, queen of the Massagetae, emphasizes the singularity of the figure of the Cyrenaean woman.

    Keywords: Violence, Cruelty, Civil War, Siege War, Mutilations, Gender, Transgression, Sacred.


  • Auteur : Jérôme WILGAUX
    La guerre du Péloponnèse : une violence paroxystique
    [Résumé]

    En ouverture de son récit de la guerre du Péloponnèse, Thucydide en souligne la dimension paroxystique, le monde grec n’ayant jamais connu jusqu’ alors une telle intensité de violences et de maux subis. De fait, les expéditions militaires et les destructions de cités s’enchaînent durant cette période, et leurs conséquences politiques, sociales et démographiques furent dramatiques pour bien des communautés grecques. Dans ce contexte, Thucydide laisse peu de place aux rôles qu’ont pu jouer les femmes, les présentant le plus souvent en victimes passives du conflit. Les violences commises à leur égard participent cependant, au même titre que d’autres épisodes, telles les transgressions religieuses, de cette description d’un monde grec bouleversé, que mènent à sa perte des décisions politiques animées par la passion et un érôs contraire aux normes sociales.

    Mots-clés : Thucydide, Guerre du Péloponnèse, Paroxysme, Violence, Genre.

    Paroxysmal Violences in the Peloponnesian War

    Abstract: At the beginning of his account of the Peloponnesian War, Thucydides underlines its paroxysmal dimension, the Greek world having never experienced such an intensity of violence and suffering. In fact, military expeditions and the destruction of cities followed one another during this period, and their political, social, and demographic consequences were dramatic for many Greek communities. In this context, Thucydides leaves little room for the roles that women may have played, presenting them most often as passive victims of the conflict. However, the violence committed against them, like other episodes, such as religious transgressions, is part of this description of a Greek world turned upside down, led to its ruin by political decisions driven by passion and an eros contrary to social norms.

    Keywords: Thucydides, Peloponnesian War, Paroxysm, Violence, Gender.


  • Auteur : Sophie HULOT
    Les femmes dans les violences de guerre du monde romain (IIIème siècle avant J.-C.- Ier siècle après J.-C.)
    [Résumé]

    L’article explore les liens entre les femmes et la violence de guerre dans le monde romain entre la deuxième guerre punique et la fin du Ier siècle après J.-C. Trois questions sont tour à tour examinées. Les femmes étaient-elles souvent épargnées lors des massacres de populations ? Le viol était-il fréquent et pouvait-il être utilisé comme arme de guerre par les Romains ? Existait-il des femmes combattantes prenant part elles-mêmes à la violence des affrontements ? La réflexion se porte tout particulièrement sur la rareté des indices en la matière ainsi que sur l’interprétation raisonnable que l’on peut en faire. En adoptant une démarche proche de celle des gender studies, la conclusion met en valeur trois logiques d’invisibilisation des femmes dans leurs rapports à la violence de guerre.

    Mots-clés :
    Femmes, Genre, Violence, Viol, Massacre, Non-combattants, Violence de guerre. Women in Warfare Violence in the Roman World (Third Century BC-First Century AD)

    Abstract: The paper considers women and violence in Roman wars between the Second Punic War and the end of the first century AD. Three questions are discussed. Were women often spared during the slaughters? Was rape common and could it be used as a strategic weapon by the Romans? Were there female combatants taking part in the violent fights? We especially focus on the scarcity of evidence and their reasonable interpretation. The conclusion relies on the methods of gender studies to highlight three processes of invisibilisation of women in warfare and violence.

    Keywords: Women, Gender, Violence, Rape, Slaughter, Non-Combatants, Violence in Warfare.

  • Auteur : Annie ALLELY
    Violences au temps des guerres civiles de la fin de la République : l’exemple de Fulvie
    [Résumé]

    Pendant la période troublée des guerres civiles de la fin de la République romaine, Fulvie, l’épouse de Marc Antoine, est extrêmement présente dans le domaine politique et militaire. Cet article a pour but d’examiner plus particulièrement son rôle sur le plan militaire entre la mort de César et la guerre de Pérouse. Selon les sources littéraires, elle est présente au camp militaire de Brindes avec son époux à l’automne 44 avant J.-C, elle participe aux proscriptions en novembre 43 avant J.-C et enfin, elle est engagée totalement dans la guerre de Pérouse de 41 avant J.-C. à février 40 avant J.-C. Nous analyserons ces sources qui font état de sa place dans un domaine réservé aux hommes et qui lui sont hostiles. Nous nous interrogerons également sur la nature des violences qui lui sont reprochées.

    Mots-clés : Fulvie, Violences, Guerre civile, Proscriptions, Guerre de Pérouse.

    Violences during the Civil Wars at the End of the Republic: The Example of Fulvia

    Abstract: Fulvia, Mark Antony’ s wife, was a significant presence in the political and military fields during the troubled times of the civil wars at the end of the Roman Republic. This paper wishes to focus on the active military role she played between the death of Caesar and the War of Perugia. According to literary sources, she was present at the military camp of Brundus with her husband in the autumn of 44 BC, and she participated in the proscriptions of November 43 BC. She eventually committed fully to the Perusine war effort from 41 BC to February 40 BC. I wish to examine the sources that testify to her place and role in a male-dominated field, where men were hostile to her presence. I will also explore the nature of the acts of violence that she was reproached with.

    Keywords: Fulvia, Violences, Civil War, Proscriptions, Perusine War.

  • Auteur : Immacolata ERAMO
    Des femmes lanceuses de tuiles
    [Résumé]

    Un petit dossier de textes grecs et latins témoigne du rôle actif des femmes dans trois types de contextes militaires : a) l’intervention dans des contextes de guérilla urbaine, où des femmes (seules ou avec d’ autres sujets jugés « fragiles ») frappent les ennemis en lançant des pierres depuis les toits de leurs maisons ; b) l’ utilisation de cheveux de femmes pour remplacer les cordes des machines de guerre ou des navires ; c) l’intervention directe dans le conflit. Dans ce dernier cas, il s’agit d’interventions exceptionnelles et isolées, qui ont pour but principal le rétablissement du status quo ante.

    Mots-clés : Femmes, Guerre, Tuiles, Venus calva, Cheveux, Plutarque (Mulierum virtutes).

    Tile-Throwing Women

    Abstract: A small dossier of Greek and Latin texts testifies the active role of women in three types of military contexts: a) the intervention in urban guerrilla contexts, where women (alone or with other people deemed “fragile”) strike enemies by throwing stones from the roofs of their houses; b) the use of women’s hair to replace the ropes of war machines or ships; c) the direct intervention in the conflict. In this case, these are exceptional and isolated interventions, the main purpose of which is to restore the status quo ante.

    Keywords: Women, War, Tiles, Venus Calva, Hair, Plutarch (Mulierum Virtutes).

  • Auteur : Thierry LUCAS
    La Béotie et les Antigonides, entre alliance et clientélisme
    [Résumé]

    La fin du IIIème siècle avant J.-C. voit le rapprochement entre la Béotie et la monarchie antigonide. Sans jamais s’engager en tant que belligérant dans la lutte entre Macédoniens et Romains, le koinon béotien est fortement impliqué dans les événements des années 198-171, au point que les Romains provoquent sa dissolution en 171. Ce rapprochement avec la dynastie antigonide, à partir de 227, repose en partie sur une relation clientélaire entre certains membres des élites béotiennes et le monarque macédonien, qu’on peut analyser à travers le parcours de la famille de Néôn et de Brachyllas. L’application d’une politique promacédonienne est perceptible dans les sources épigraphiques, comme le montre le cas de l’armée fédérale béotienne, réformée à cette époque selon le modèle macédonien. Dans une dernière section, l’article étudie les stratégies de résistance mises en place face aux Romains, mais aussi les divisions visibles au sein du koinon entre proromains et promacédoniens.

    Mots-clés : Béotie, Macédoine, Thèbes, Haliarte, Coronée, Persée, Symmachia, Guérilla, Résistance.
    Boeotia and the Antigonids, between Alliance and Clientelism

    Abstract: The end of the third century BC saw a close relationship between Boeotia and the Antigonid monarchy. Without ever engaging as a belligerent in the wars between Macedonians and Romans, the Boeotian koinon was strongly involved in the events of 198-171, to the point that the Romans provoked its dissolution in 171. The close ties with the Antigonid dynasty, from the reign of Antigonos Doson onward, are partly based on political clientelism between some members of the Boeotian elites and the Macedonian king; this relationship can be analysed through one case-study, the family of Neon and Brachyllas. The effects of this political relationship are clearly perceptible through epigraphic sources, as shown by the reform of the Boeotian federal army according to the Macedonian model. In a final section, the article analyses the strategies of resistance developed by the Boeotians against the Romans, but also the divisions within the koinon between pro-Roman and pro-Macedonian.

    Keywords: Boeotia, Macedonia, Thebes, Haliartos, Coroneia, Perseus, Symmachia, Guerilla Warfare, Resistance.

  • Auteur : Jean-Christophe COUVENHES
    L’intégration très provisoire de Sparte dans la koinè symmachia macédonienne après la défaite de Sellasie (222-219 avant J.-C.)
    [Résumé]

    L’article étudie la manière dont la cité de Sparte a été traitée par Antigone Dôsôn au lendemain de la défaite du roi Cléomène III à Sellasie en 222. L’intégration des lacédémoniens vaincus à la koinè symmachia (Ligue hellénique) créée deux ans plus tôt par le roi de Macédoine pour lutter contre eux au côté du koinon des Achaïens, ne fait guère de doute, même s’il faut distinguer l’alliance des Lacédémoniens à la koinè symmachia dont le roi de Macédoine est l’hégémon, et l’alliance des Lacédémoniens au koinon des Achaïens. À Sparte, l’atmosphère de stasis qui oppose les partisans de la Macédoine à ceux qui souhaitent le retour de Cléomène, alors en exil à Alexandrie, explique le double jeu de la cité vis-à-vis de Philippe V, qui ménage cet allié récalcitrant, jusqu’à la rupture du printemps 219 qui voit les Spartiates conclure une alliance avec les Étoliens, position qu’ils conservèrent jusqu’en 206.

    Mots-clés : Ligue hellénique, Koinè symmachia, Antigone Dôsôn, Philippe V, Cléomène III, Stasis, Lacédémoniens, Sparte, Koinon des Achaïens, Koinon des Étoliens.
    The Ephemeral Integration of the Lacedemonians into the Macedonian Koinè Symmachia After the Defeat of Sellasie (222-219 BC)

    Abstract: The article studies how the city of Sparta was treated by Antigonus Dôsôn in the aftermath of the defeat of king Cleomenes III at Sellasia in 222. The integration of the defeated Lacedemonians into the koinè symmachia (Hellenic League), created two years earlier to fight against them, is hardly in doubt, even if a distinction must be made between the alliance to the koinè symmachia, whose hegemon is the king of Macedonia, and the alliance to the Achaian koinon. In Sparta, the atmosphere of stasis which opposes the partisans of Macedonia to those who wish the return of Cleomenes, then in exile in Alexandria, explains the double game of the city with respect to Philip V, which spares this recalcitrant ally until the rupture of spring 219, when the Spartans conclude an alliance with the Aetolians, position preserved until 206.

    Keywords: Hellenic League, Koinè Symmachia, Antigonus Dôsôn, Philip V, Cleomenes III, Stasis, Lacedemonians, Sparta, Achaian Koinon, Aetolian Koinon.

  • Auteur : Mathieu ENGERBEAUD
    L’échec du siège de Corinthe (198 avant J.-C.) et ses conséquences sur l’alliance romaine avant Cynoscéphales
    [Résumé]

    Bien qu’il soit précisément raconté par Tite-Live, le siège de Corinthe de 198 avant J.-C. fait partie des événements peu connus de la campagne militaire de Titus et de Lucius Quinctius Flamininus contre Philippe V. Pourtant, cette entreprise, qui devait concrétiser l’alliance toute récente entre les Romains et les Achéens, est un échec militaire qui aurait pu devenir un véritable désastre. Cette étude s’est donné pour objectif de réévaluer la portée de cet événement, qui a menacé la construction des alliances romaines en Grèce à l’été 198.

    Mots-clés : Flamininus, Défaite romaine, Tite-Live, Achéens, Attale Ier de Pergame, Corinthe.
    The Failure of the Siege of Corinth (198 BC) and Its Consequences on the Roman Alliance before Cynoscephalus

    Abstract: Although it is narrated by Livy, the siege of Corinth which took place in 198 BC is a little-known event of the military campaign of Titus and Lucius Quinctius Flamininus against Philip V. However, this military undertaking, which was to give effect to the recent alliance between the Romans and the Achaeans, is a military failure which could have become a real disaster. This study aims to reassess the impact of this event, which jeopardised the construction of Roman alliances in 198.

    Keywords: Flamininus, Roman Defeat, Livy, Achaeans, Attalus I, Corinth.

  • Auteur : Lucia ROSSI
    Ptolémée V Épiphane et la tutelle romaine : une réécriture tardive ?
    [Résumé]

    Le propos de cette contribution est d’étudier l’évolution des rapports d’amitié entre l’Égypte ptolémaïque et Rome dans le contexte de la deuxième guerre de Macédoine et de la cinquième guerre de Syrie ; à cette époque aurait eu lieu la mise sous tutelle de l’enfant-roi Ptolémée V Épiphane au profit du peuple et du Sénat romains. En partant de l’analyse de textes littéraires et papyrologiques, nous avançons l’hypothèse d’une écriture tardive de cette tradition historique. Dans un premier temps, nous proposons une étude des vocabulaires latins et grecs de la tutelle en tâchant d’en préciser les spécificités juridiques et les évolutions au cours du temps. Dans un deuxième temps, nous nous attachons à l’étude des realia de la tutelle au sein du royaume lagide, lue au prisme des relations diplomatiques internationales de l’époque et notamment des relations d’amicitia ptolémaïque- romaine. Dans un troisième temps, nous traitons des enjeux politiques d’une écriture tardive de la tutelle sur Ptolémée V Épiphane, notamment dans le cadre de la lutte politique interne à Rome au milieu du Ier siècle avant J.-C.

    Mots-clés : Ptolémée V Épiphane, Tutelle, Philia, Diplomatie, Rome, Égypte hellénistique.
    Ptolemy V Epiphanes and Roman Guardianship: A Late Rewrite?

    Abstract: This contribution aims to study the evolution of friendly relations between Ptolemaic Egypt and Rome in the context of the Second Macedonian War and the Fifth Syrian War; at this time would have taken place the guardianship of the child- king Ptolemy V Epiphanes for the benefit of Roman people and Senate. Starting from the analysis of literary and papyrological texts, we put forward the hypothesis of a late writing of this historical tradition. First, we propose a study of the Latin and Greek vocabularies of guardianship, trying to specify the legal specificities and the evolutions over time. Secondly, we analyze the realia of the guardianship within the Ptolemaic kingdom, read through the prism of international diplomatic relations and in particular Ptolemaic-Roman amicitia relations. Thirdly, we examine the political stakes of a late writing of the guardianship over Ptolemy V Epiphanes, particularly in the context of the internal political struggle in Rome in the middle of the first century BC.

    Keywords: Ptolemy V Epiphanes, Guardianship, Philia, Diplomacy, Rome, Hellenistic Egypt.

  • Auteur : Pierre SANCHEZ
    L’alliance fragile entre Rome et les Ilergètes (218-195 avant notre ère)
    [Résumé]

    La societas entre Rome et les Ilergètes a reposé sur la fides, quelle qu’ait été la nature juridique précise des liens qui ont uni ces deux peuples au fil du temps. Le détail nous échappe pour les années 218/217, mais l’alliance militaire conclue par Scipion et Indibilis en 208 peut être considérée comme un véritable foedus, c’est-à- dire un accord fondé sur un échange de serments et contraignant pour le peuple romain. Ce traité a sans doute été ratifié a posteriori par le Sénat et le peuple. Les défections de 206 et 205 indiquent qu’Indibilis avait une conception différente de la fides : il s’était engagé auprès de Scipion à titre personnel et il considérait que l’alliance avait pris fin avec la défaite de Carthage en Hispanie et le départ de Scipion. La deditio in fidem de 205 a permis de rétablir cette societas : en 195, la fides fut au cœur des discussions entre les ambassadeurs ilergètes et Caton, qui a tenté de respecter ses devoirs vis-à-vis des socii tout en préservant ses effectifs.

    Mots-clés : Fides, Foedus, Deditio, Alliance militaire, P. Cornelius Scipio Africanus, Caton, Ilergètes.
    The Fragile Alliance between Rome and the Ilergetes (218-195 BC)

    Abstract: The societas between Rome and the Ilergetes was based on fides, whatever the precise legal nature of the ties that bound them over time. The detail escapes us for the years 218/217, but the military alliance struck by Scipio and Indibilis in 208 can be considered as a proper foedus, i.e. an agreement based on an exchange of oaths and binding upon the Roman people. This treaty was probably ratified afterwards by the Senate and the people. The defections of 206 and 205 indicate that Indibilis had a different conception of fides: he had committed himself to Scipio in a personal capacity and he considered that the alliance had ended with the defeat of Carthage in Hispania and the departure of Scipio. The deditio in fidem of 205 re-established this societas: in 195, fides was at the heart of the discussions between the Ilergetan ambassadors, who had come to ask for help, and Cato, who sought to respect his duties towards the socii while preserving his troops.

    Keywords: Fides, Foedus, Deditio, Military Alliance, P. Cornelius Scipio Africanus, Cato, Ilergetes.

  • Auteur : Catherine WOLFF
    Les transfuges dans les traités de paix entre Rome et les communautés hellénistiques de 221 à 160 avant J.-C.
    [Résumé]

    Les transfuges et les prisonniers, qui sont souvent mentionnés en même temps, font en principe l’objet d’une clause dans les traités de paix conclus par Rome en Orient entre 221 et 160 avant J.-C. L’étude de cinq de ces traités, les deux traités avec Philippe V à la fin des deux premières guerres de Macédoine, ceux avec Nabis en 195, avec la Confédération étolienne en 189 et avec Antiochos III en 188, ainsi que des décisions romaines après la victoire de Pydna en 168, montre cependant que les termes de cette clause ne sont pas toujours identiques et qu’il est impossible de la reconstituer de façon certaine quand elle n’y figure pas.
    Mots-clés : Transfuges, Prisonniers, Traités de paix, Philippe V, Persée, Antiochos III, Nabis, Confédération étolienne.
    Defectors in the Peace Treaties between Rome and the Hellenistic World from 221 to 160 BC

    Abstract: Defectors and prisoners, who were often mentioned at the same time, were in principle mentioned in the peace treaties Rome concluded in Orient from 221 to 160 BC. The study of five of these treaties, the two with Philip V at the end of the first two Macedonian wars, the one with Nabis in 195, with the Aetolian Confederation in 189 and with Antiochus III in 188, as of the Roman decisions after the victory of Pydna in 168, shows that the terms of this clause were not always the same and that restoring this clause with certainty is impossible when it is not included.

    Keywords: Defectors, Prisoners, Peace Treaties, Philip V, Perseus, Antiochus III, Nabis, Aetolian Confederation.

  • Auteur : Guillaume SARTOR
    Le rôle des fédérés transcaucasiens dans les guerres persiques d’Héraclius (622-628). 2e partie : Combattre pour l’Empire
    [Résumé]

    Le deuxième volet de l’étude montre comment les fédérés (foederati) transcaucasiens contribuèrent significativement aux campagnes (expeditiones) impériales de 624/625 et 627/628 en combattant aux côtés des troupes romaines. L’intégration des fédérés (foederati), notamment cavaliers et archers, aux cadres, tactiques et pratiques de l’art romain de la guerre, permit à Héraclius et à son armée de parvenir à une efficacité tactique et opérationnelle face aux Perses dans un contexte difficile pour l’Empire romain. L’étude montre également que la participation des fédérés (foederati) transcaucasiens aux campagnes impériales en Transcaucasie et en Perse s’inscrit dans un cadre plus général de pratiques institutionnelles romaines en termes opérationnels comme dans la mobilisation de ces combattants étrangers. Toutefois, l’extériorité de ces derniers aux structures de l’encadrement militaire romain et l’autonomie de leurs dynastes ont exigé pour Héraclius des compromis exposant ainsi l’armée impériale à des difficultés pendant les campagnes de 624/625 et 627/628.

    Mots-clés : Empire, Héraclius, Transcaucasie, Gentes/ethnè (peuples), Foedera (traités), Foederati (fédérés), Dynastes, Symmachia (alliance), Expeditio, Tactiques, Cavalerie, Infanterie, Archers, Opérations, Batailles, « Petite guerre »/guérilla, Commandement, Arménie, Persarménie, Lazique, Ibérie, Abasgie, Albanie, Romains, Perses.
    The Role of the Transcaucasian Federates in the Persian Wars of Heraclius (622-628). Part 2: Fighting for the Empire

    Abstract: The second part of the study show how the Transcaucasian federates (foederati) contributed significantly to the imperial campaigns (expeditiones) of 624/625 and 627/628 by fighting alongside the Roman troops. The integration of the federates (foederati), especially cavalry and archers, into the frameworks, tactics, and practices of the Roman art of war enabled Heraclius and his army to achieve tactical and operational efficiency against the Persians in a difficult context for the Roman Empire. The study also wishes to show that the participation of the Transcaucasian federates (foederati) in the imperial campaigns in Transcaucasia and Persia is part of a more general framework of Roman institutional practices in operational terms as well as in the mobilization of these foreign fighters. However, the exteriority of the latter to the structures of the Roman military framework and the autonomy of their dynasts demanded compromises for Heraclius, thus exposing the imperial army to difficulties during the campaigns of 624/625 and 627/628.

    Keywords: Empire, Heraclius, Transcaucasia, Gentes/Ethnè (Ethnic Group), Foedera (Treaties), Foederati (Federates), Chiefs/Dynasts, Symmachia (Alliance), Expeditiones (Campaigns), Tactics, Cavalry, Infantry, Archers, Operations, Battles, Guerrilla Warfare, Command, Armenia, Persarmenia, Lazica, Iberia, Abasgia, Albania, Romans, Persians.

  • Auteurs : Maxime PETITJEAN, Samra AZARNOUCHE
    Sasanian Warriors in Context: Historical and Religious Commentary on a Middle Persian Chapter on Artēštārān (Dēnkard VIII.26)
    [Résumé]

    Abstract: This article presents a reassessment of our knowledge of late antique Iranian warfare and the military treatises composed under the Sasanians. A revised translation of the remains of a Middle Persian treatise on warriors (Artēštārestān), included in a Zoroastrian book, the Dēnkard VIII, provides the base for a comparison of Iranian, Byzantine, and Arabic sources. Beneath the religious and legal gloss left by the Zoroastrian tradition that has preserved the treatise, an authentic and coherent text emerges, in which the physical and psychological conditions of the soldiers, the supply of provisions, the care of the horses, the cohesion of the army corps, and even military tactics were recorded with care and expertise. Two appendices complete this article: a glossary of military terminology, and an updated translation of an extract from a Sasanian military treatise preserved in Arabic by Ibn Qutayba.

    Keywords: Sasanian Warfare, Military History, Sasanian Army, Zoroastrianism, Late Antiquity, Military Literature, Dēnkard.

    Les guerriers sassanides en contexte : commentaire historique et religieux d’un chapitre moyen-perse sur les Artēštārān (Dēnkard VIII, 26)

    Cet article propose une réévaluation de nos connaissances sur l’art militaire en Iran tardo-antique et sur les traités militaires composés sous les Sassanides. Une nouvelle traduction des vestiges d’un traité moyen-perse sur les guerriers (Artēštārestān), inclus dans un ouvrage zoroastrien, le Dēnkard VIII, sert de base à une confrontation des sources iraniennes, byzantines et arabes. Sous le vernis religieux et légal conforme à la tradition zoroastrienne qui l’a préservé se dégage un texte authentique et cohérent, où les dispositions physiques et psychologiques des soldats, l’approvisionnement des ressources, le soin des chevaux, la cohésion des corps de l’armée, ou encore les tactiques militaires, étaient consignés avec soin et savoir-faire. Deux appendices complètent cet article : un glossaire de la terminologie militaire et une traduction mise à jour d’un extrait d’un traité militaire sassanide conservé en arabe par Ibn Qutayba.

    Mots-clés : Art militaire sassanide, Histoire militaire, Armée sassanide, Zoroastrisme, Antiquité tardive, Littérature militaire, Dēnkard.

  • Auteur : Isabelle PIMOUGUET-PÉDARROS
    Le viol des femmes en temps de guerre. Le cas de l’armée d’Alexandre entre 335 et 324 avant J.-C.
    [Résumé]

    L’objectif de cet article est d’interroger les violences sexuelles et notamment les viols perpétrés par les soldats des armées grecques contre les femmes de l’ennemi. Que l’on considère ces viols comme des actes fortuits ou des pratiques militaires à part entière, leur étude est susceptible d’éclairer un aspect du comportement guerrier. Si l’enquête porte sur le ive siècle et la période hellénistique, elle place toutefois le focus sur les campagnes d’Alexandre en Grèce et en Orient qui, marquées par le développement de la guerre de siège dans sa forme la plus active, exposèrent les populations civiles à de multiples exactions (massacres, crucifixions, captures et asservissements) – contexte de violences extrêmes qui pose donc la question des atteintes portées au corps des femmes. Les sources convoquées, essentiellement littéraires, permettent d’orienter la réflexion autour de deux questions. Quelle signification donner à ce type de violence ? Quels en sont les enjeux et les limites ?

    Mots-clés : Femmes, Violences genrées, Violences sexuelles, Viols en temps de guerre, Guerre de siège, Conquêtes d’ Alexandre, Époque hellénistique.

    Rape of Women in War. The Case of Alexander’ s Army between 335 and 324 BC

    Abstract: The aim of this paper is to question the sexual violence, mainly the rapes perpetrated by the soldiers of Greek armies against the women of the enemy. These rapes can be considered as fortuitous acts or military practices in their own right. Either way, their study is to shed light on one aspect of warlike behavior. If the investigation concerns the fourth century BC and the Hellenistic period, it nevertheless places the focus on the campaigns of Alexander in Greece and in the East which, characterized by the development of siege warfare in its most active form, exposed civilian populations to different abuses (murder mass, crucifixions, captures, and enslavements) – a context of extreme violence which raises the question of attacks on women’ s bodies. The sources called upon, mainly literary, make it possible to ask two questions. What meaning to give to this type of violence? What are the effects and the limits?

    Keywords: Women, Gender-Based Violence, Sexual Violence, Rapes in Wartime, Siege Warfare, Alexander’ s Campaigns, Hellenistic Period.

  • Auteurs : Jean-Christophe COUVENHES, Lucia ROSSI
    Symmachia-societas-foedus : les alliances militaires à l’épreuve de la guerre, de Philippe V à Paul Émile (221 à 160 avant J.-C.)
    [Résumé]

    L’objectif de ce dossier est d’interroger à frais nouveaux non seulement la notion et la finalité, mais aussi la pratique et les temporalités des alliances militaires contractées entre les différents acteurs opérant en Méditerranée égéenne et orientale (cités, koina, monarchies hellénistiques, République romaine) de la deuxième à la troisième guerre de Macédoine (221 à 160 avant J.-C.). Sept contributions traitant d’études de cas spécifiques étudient la manière dont la mise à l’épreuve des alliances et des alliés ébranle la construction juridique, institutionnelle et mémorielle des alliances.

    Mots-clés : Symmachia, Philia, Societas, Foedus, Mondes hellénistiques, République romaine.
    Symmachia-Societas-Foedus: Military Alliances in War, from Philip V to L. Aemilius Paullus Macedonicus (221 to 160 BC)

    Abstract: The aim of this file is to question anew not only the notion and the purpose, but also the practice and the temporalities of the military alliances contracted between the various actors operating in the Aegean and Eastern Mediterranean (poleis, koina, Hellenistic monarchies, Roman Republic) from the Second to the Third Macedonian War (221 to 160 BC). Seven contributions dealing with specific case studies examine how the testing of alliances and allies undermines the legal, institutional, and memorial construction of alliances.

    Keywords: Symmachia, Philia, Societas, Foedus, Hellenistic Worlds, Roman Republic.