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Dialogues d'histoire ancienne supplément 22
Auteur : Giusto TRAINA, Anaïs LAMESA
Lieu d'édition : Besançon
Année de parution : 2021
Nombre de pages : 266p.
ISBN : 9782848677422
Format : 16*22


[Sommaire]
Introduction
Markus EGETMEYER, François LEFEVRE, Giusto TRAINA


I- Échanges et interactions linguistiques en Anatolie

Sur les traces des alphabets anatoliens : entre emprunts et innovations
Sarah BERNARD

Le Phrygien : une langue balkanique perdue en Anatolie
Milena ANFOSSO

Le statut du lycien et du grec dans les inscriptions de Lycie
Florian REVEILLAC

La Cilicie au IIIe siècle avant J.-C. : une région de frontière dans les conflits entre Lagides et Séleucides
Roberta SCHIAVO

Aperçu des interactions entre l’Anatolie romaine et le Royaume d’Arménie
Anahide KEFELIAN


II- Construire l’Histoire : l’Anatolie et ses sources

La guerre d’Eumène II et ses alliés contre Pharnace (182-179 a.C.). Problèmes et lectures géopolitiques des suites du traité d’Apamée
Germain PAYEN

Cultes civiques et communauté politique d’Ilion en Troade
William PILLOT

Les différents sens du terme Καππαδοκία dans la Géographie de Strabon
Anaïs LAMESA

Historie de la Lycie : les rapports entre les fragments historiographiques et les autres sources historiques
Simone PODESTA

Conclusions : langues, sources et histoire des territoires anatoliens
Guy LABARRE


[Contents]

The aim of this round table, organized within the framework of UMR 8167 “Orient and the Mediterranean” and the Doctoral School “Ancient and Medieval Worlds” of the Sorbonne University, was to illustrate the exceptional richness of Anatolia. The studies range from the end of the Mycenaean period to the imperial period. Geographically, we find here historical works on the regions of Troy, Lycia, Cappadocia, Armenia and Anatolia as a whole and linguistic works on the prehistory of Greek with the help of its closest neighbour, the Phrygian, on the relationship between Greek and Lycian and on the invention of the Greek and Anatolian alphabets.

El objetivo de la jornada de trabajo organizada en el marco del UMR 8167 Oriente y Mediterraneo y la escuela doctorante 1 Mundo antiguo y medieval de la Sorbona universidad, es de ilustrar la excepcional riqueza de Anatolia. Les trabajos aquí expuestos se presentan cronológicamente desde el final de la época micénica hasta la época imperial. Geográficamente, encontramos aquí reunidos trabajos históricos sobre las regiones de la Troada, Licia, Capadocia, Armenia y Anatolia en su conjunto y obras lingüísticas sobre la prehistoria del griego con la ayuda de su vecino, el frigio, con la relación entre el griego, el licio y la invención del alfabeto griego y anatolio.

Lo scopo della giornata di studi, organizzata in compartecipazione con l’UMR 8167 “Orient et Méditerranée” e della Scuola dottorale “Mondes anciens et médiévaux” della Sorbona Università, era quello di illustrare la ricchezza straordinaria dell’Anatolia. Gli studi proposti si estendono dalla fine dell’epoca micenea sino al periodo imperiale. Vi si ritrovano dunque i lavori storici sulle regioni della Troade, della Licia, della Cappadocia, dell’Armenia e dell’Anatolia nella sua totalità, e dei lavori linguistici sulla preistoria del greco, avvalendosi dell’aiuto del suo parente più vicino, la lingua frigia, sul rapporto del greco con la lingua licia, e sull’invenzione degli alfabeti greco e anatolico.


Descriptif du collectif
  • Auteur : Sarah BERNARD
    Sur les traces des alphabets anatoliens : entre emprunts et innovations
    [Résumé]

    Les alphabets anatoliens, à savoir le phrygien, le lydien, le carien, le lycien et le sidétique, attestés en Asie Mineure au Ier millénaire avant J.-C., et qui transcrivent des langues indo-européennes, nous conduisent à nous interroger sur leurs origines. En effet, entre les mondes grec et sémitique, partageant des caractéristiques non seulement avec l’alphabet grec mais aussi avec les alphabets sémitiques, ces alphabets anatoliens peuvent très bien être dérivés de l’un ou des autres. Ainsi, l’adaptation de ces alphabets au phrygien et à des langues anatoliennes paraît beaucoup plus grande et plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord.

    Mots-clés : Anatolie, Alphabets, Emprunt, Adaptation, Phonologie, Phonétique, Graphie, Cilicie, Comparaison, Notation des voyelles.

    Abstract: The Anatolian alphabets, namely Phrygian, Lydian, Carian, Lycian, and Sidetic, attested in Asia Minor in the first millennium BC, and which transcribe Indo-European languages, lead us to wonder about their origins. Indeed, between the Greek and Semitic worlds, sharing characteristics not only with the Greek alphabet but with Semitic alphabets too, these Anatolian alphabets could very well be derived from one or the others. Thus, the adaptation of these alphabets to Phrygian and to Anatolian languages seems far greater and more complex than it seems at first.

    Keywords: Anatolia, Alphabets, Borrowing, Adaptation, Phonology, Phonetics, Way of Spelling, Cilicia, Comparison, Vowels Notation.


  • Auteur : Milena ANFOSSO
    Le phrygien : une langue balkanique perdue en Anatolie
    [Résumé]

    À partir d’une réflexion extralinguistique sur le mot phrygien βέκος, « pain », inspirée d’un article de Pietro Vannicelli de 1997, on essaiera de mettre brièvement en évidence l’appartenance du phrygien à la Balkanische Sprachbund, et en particulier le profond lien de parenté génétique avec le grec. Les deux langues sont en effet issues du même milieu linguistique balkanique, mais la migration du peuple phrygien vers l’Anatolie à la fin du IIe millénaire avant J.-C. interrompt leur continuité géographique. Le phrygien, attesté uniquement par des inscriptions étalées du IXe siècle avant J.-C. au IIIe siècle après J.-C., devient alors une île linguistique balkanique entourée de plusieurs langues indigènes appartenant au groupe anatolien. Le peuple phrygien s’intègre dans ce milieu, comme les influences culturelles, mais aussi certains traits linguistiques, nous en témoignent. Toutefois les liens avec la langue soeur résistent, devenant même plus forts suite à la progressive hellénisation de la péninsule anatolienne par les Grecs, et nous fournissent à travers les inscriptions le matériel pour étudier à rebours leur parenté génétique.

    Mots-clés : Histoire du peuple phrygien, Origines, Migrations, Contacts, Indo-européen balkanique, Phrygien, Grec, Rapports interlinguistiques, Adstrat anatolien.

    Abstract: Starting from an extra-linguistic reflection on the Phrygian word βέκος, “bread”, inspired by a 1997 article by Pietro Vannicelli, this paper is an attempt to briefly highlight the belonging of Phrygian to the so-called Balkanische Sprachbund, and above all the deep genetic relationship between Greek and Phrygian. The two languages developed from the same Balkan linguistic environment, but the migration of the Phrygians to Anatolia in the late second millennium BC interrupted their geographical continuity. Phrygian, attested by a huge number of inscriptions from the ninth century BC to the third century AD, turned out to be a Balkan linguistic island surrounded by several indigenous languages belonging to the Anatolian group. The Phrygians became part of that Anatolian environment, as many cultural influences, but also some linguistic features, can easily prove. However, the original link with the sister language resists, becoming even stronger after the gradual Hellenization of the Anatolian peninsula by the Greeks, and the inscriptions provide the evidences to investigate backwards their genetic relatedness.

    Keywords: Phrygian People History, Origins, Migrations, Contacts, Balkan Indo-European, Phrygian, Greek, Interlinguistic Relationships, Anatolian Adstratum.


  • Auteur : Florian REVEILLAC
    Le statut du lycien et du grec dans les inscriptions de Lycie
    [Résumé]

    En tant que langue du pouvoir achéménide, l’araméen a, en Lycie, un statut clair, celui de langue officielle centrale, tandis que le lycien demeure la langue de communication et celle du pouvoir local. Le grec, lui, attesté en Lycie dès le Ve siècle avant J.-C., est d’abord indissociable du genre poétique et c’est à ce titre qu’il est utilisé dans des inscriptions publiques par les dynastes lyciens. Ensuite, une fois la Lycie rattachée à la satrapie carienne, le grec accède au statut de langue officielle, à côté du lycien. Dès lors, comme au sein des élites cariennes, il est également employé dans des inscriptions privées bilingues, dont la composition révèle quelques cas d’interférence linguistique.

    Mots-clés : Lycie, Lycien, Grec, Contact linguistique, Diglossie, Inscription officielle, Inscription privée.

    Abstract: Aramaic was used in Lycia as the official language of the Achaemenid Empire, whereas Lycian remained the main communication language as well as the language of the local power. Greek, attested in Lycia from the 5th century BC onwards, first appears to be inseparable from the poetic genre, which was used by Lycian dynasts in public inscriptions. Then, once Lycia was ruled by the Carian satrapy, Greek became an official language, alongside Lycian. Since then, as among the Carian elites, Greek was also used in private bilingual inscriptions, the composition of which reveals some cases of linguistic interferences.

    Keywords: Lycia, Lycian, Greek, Language Contact, Diglossia, Official Inscription, Private Inscription.


  • Auteur : Roberta SCHIAVO
    La Cilicie au IIIe siècle avant J.-C. : une région de frontière dans les conflits entre Lagides et Séleucides
    [Résumé]

    Pendant toute la durée du IIIe siècle avant J.-C., la Cilicie figure parmi les territoires de l’Asie Mineure qui furent longtemps disputés entre Séleucides et Lagides. Cette tension du cadre géopolitique se manifeste clairement dans la fracture de l’unité politique et administrative de la région, à la suite de laquelle, tout au moins à partir des années 60 du IIIe siècle avant J.-C., il est communément admis de différencier à grands traits une aire occidentale « lagide » et une aire orientale « séleucide » : autrement dit la Cilicie Trachée et la Cilicie Plane de Strabon. En réalité, il n’est pas aisé de définir les sphères d’influence respectives des deux empires à l’intérieur de la région, surtout si nous considérons le peu de sources (historiographiques, épigraphiques, numismatiques, archéologiques) dont nous disposons et la difficulté de mettre de côté certains préjugés historiographiques qui pèsent encore aujourd’hui sur la reconstruction de l’histoire de la Cilicie hellénistique, en relation par exemple aux politiques coloniales conduites sur ce territoire par les Lagides et les Séleucides. Nous pouvons cependant dépasser ces problématiques, en nous concentrant plus particulièrement sur le trait spécifique de l’histoire de la région durant cette période, à savoir le rôle qu’elle a joué comme frontière entre les deux empires. Partant du présupposé que la frontière est le produit des processus d’interaction entre les différents acteurs qui opèrent intérieurement et des résultats que ces processus génèrent à différents niveaux (politico-administratif, économique, culturel, linguistique, etc.), nous proposerons une nouvelle lecture des dynamiques historiques qui intéressent la Cilicie au IIIe siècle. Nous présenterons en particulier les résultats relatifs à l’étude de la formation et de l’évolution de la frontière administrative et militaire, culturelle et linguistique.

    Mots-clés : Cilicie, Séleucides, Lagides, Unité politique, Divisions administratives, Frontières, Territoire, Armée, Culture, Langue.

    Abstract: Through the third century BC, Cilicia was part of the territories of Asia Minor, which for a long time were disputed between the Ptolemaic and Seleucid empires. The tension of the geo-political asset was clearly evidenced in the breaking of the political and administrative unity of the region. As a consequence, since the 60s of third century BC, the use has been to distinguish two important areas: a western one belonging to the Lagid empire (Rough Cilicia), and an eastern one (Plane Cilicia) that was almost entirely controlled by the Seleucids. However, it is not easy to define the relative spheres of influence of the two empires within Cilicia, especially if we put into consideration the lack of sources (historiographical, epigraphical, numismatic, and archaeological). Moreover, a series of historiographical prejudices have conditioned the reconstruction of the “Hellenistic” history of Cilicia, above all if we refer to the colonization led by the Ptolemies and Seleucids. The problem could be discussed by rethinking the history of the region in those years in terms of a frontier between the two empires. According to the concept that the frontier is the product of different processes of interaction among the distinctive actors operating in its inside and the results that these processes evolve into different levels (political administrative, economic, social, cultural, etc.), a new interpretation is proposed of the events concerning Cilicia in the third century. In particular, an extensive analysis of the formation and evolution of the administrative and military, cultural and linguistic frontier will be presented and discussed as well.

    Keywords: Cilicia, Seleucids, Lagids, Political Unity, Administrative Divisions, Frontier, Territory, Army, Culture, Language.


  • Auteur : Anahide KEFELIAN
    Aperçu des interactions entre l’Anatolie romaine et le Royaume d’Arménie
    [Résumé]

    Cet article traite des interactions entre l’Anatolie et le Royaume d’Arménie entre le Ier et IIe siècle après J.-C. Il permet ainsi d’aborder la question de l’importance du front anatolien dans la reprise de l’Arménie, sous influence romaine. À travers une étude pluridisciplinaire, l’auteur tente de discerner les étapes successives de l’évolution administrative en Anatolie, afin de comprendre quels impacts ces changements eurent sur la stratégie mise en place par Rome pour reprendre l’Arménie sous son influence. L’étude de ces changements administratifs, qui engendrèrent d’autres changements militaires et tactiques, contribue à mettre au jour une modification de l’itinéraire suivi pour envahir le Royaume d’Arménie. Dans un premier temps, les invasions sembleraient s’être limitées à l’itinéraire empruntant la route sud en traversant l’Euphrate puis en remontant vers le nord en direction de la capitale Artaxata. Avec les changements importants engendrés par les Flaviens, et notamment l’installation du camp de Satala, Trajan envahit l’Arménie, semble-t-il pour la première fois, par la voie nord. Cette tactique se confirme par la suite sous le règne de Marc Aurèle.

    Mots-clés : Rome, Arménie, Cappadoce, Syrie, Légions, Itinéraires, Tactiques, Voies de communication, Armée, Administration.

    Abstract: This paper deals with the relationship between Anatolia and the Kingdom of Armenia. It focuses on the importance of the Anatolian front, in the recovery of Armenian Kingdom under Roman influence, between the 1st and 2nd century AD. Thanks to a interdisciplinarity study, the author attempts to identify the successive steps in the administrative development of Anatolia, to understand what impact these changes had on the way Rome put in place different strategies and tactics to recover the Armenian Kingdom. The study of administrative changes, resulting in other military and tactics changes, reveals a change in the route chosen to invade the Kingdom of Armenia. Initially, the itinerary of Roman soldiers appeared to be limited to the southern road through the Euphrates, Tigranocerta, and back north towards the Armenian capital Artaxata. After changes under the Flavians, and more particularly the settlement of the Roman camp of Satala, the next Roman incursion into the Armenian Kingdom, under the reign of Trajan, took the northern route for the first time. The same tactic is also attested under the reign of Marcus Aurelius.

    Keywords: Rome, Armenia, Cappadocia, Syria, Legions, Itineraries, Tactics, Roads, Army, Administration.


  • Auteur : Germain PAYEN
    La guerre d’Eumène II et ses alliés contre Pharnace (182-179 a.C.). Problèmes et lectures géopolitiques des suites du traité d’Apamée
    [Résumé]

    Quelques années après le traité d’Apamée (188 a.C.), les puissances anatoliennes profitèrent du retrait séleucide pour établir un nouvel équilibre régional. La guerre menée entre 182 et 179 par deux coalitions, regroupant les rois attalide, cappadocien et bithynien, d’une part, et le roi du Pont et un satrape d’Arménie, de l’autre, en fut un moment déterminant. Le traité de paix conclu par ces dynastes en 179, connu par l’intermédiaire de Polybe, est une source importante pour comprendre l’ordre établi à cette occasion. La victoire d’Eumène consacra la position dominante de la dynastie attalide en Anatolie, notamment en Galatie. Plus globalement, les rois et dynastes profitèrent de la situation pour promouvoir leur légitimité sur la scène locale, tandis que la puissante cité de Rhodes resta très en retrait. La zone concernée par les tractations de paix s’étend loin à l’est, jusqu’en Arménie, et au nord, sur la rive septentrionale de la mer Noire. D’un point de vue plus large, le conflit consacra l’autonomie politique de la région à l’égard des puissances séleucide et, surtout romaine. Enfin, plusieurs zones d’ombre, telles que le statut géopolitique de la Galatie ou l’identité politique de Mithridate, satrape d’Arménie, peuvent être en partie éclaircies par la mise en parallèle de ce traité avec d’autres sources.

    Mots-clés : Anatolie, Géopolitique, Apamée, Arménie, Galatie, Séleucos IV, Eumène II, Pharnace.

    Abstract: In the aftermath of the treaty of Apamea (188 BC), the Anatolian states took advantage of the Seleucid withdrawal to work on a new regional balance of powers. A war, which took place in 182-179 between the Attalid, the Cappadocian, and the Bithynian kings against the ruler of Pontus and an Armenian satrap, had an important impact on that struggle for dominance. The peace treaty of 179, known thanks to Polybius, is a significant piece of evidence about this period. Eumenes’ victory resulted in Attalid influence in Anatolia, especially in Galatia. Overall, the kings and personal dynasts took advantage of the situation to promote their own legitimacy on the local scene, while the powerful city of lost much of its influence. The area concerned by the peace treaty extended as far as the northern coast of the Black Sea, in the north, and Armenia, in the east. As a matter of fact, the conflict determined the autonomous state of this area in regard to Seleucid and Roman control. Finally, several gray areas can be highlighted by the linking with other pieces of evidence, including the geopolitical status of Galatia and the political identity of the Armenian satrap Mithridates.

    Keywords: Anatolia, Geopolitics, Apamea, Armenia, Galatia, Seleucos IV, Eumenes II, Pharnaces.


  • Auteur : William PILLOT
    Cultes civiques et communauté politique d’Ilion en Troade
    [Résumé]

    La religion civique occupe à Ilion, comme dans toutes les cités grecques, une place centrale. Les cultes pratiqués par la communauté politique dans son ensemble constituent le fondement de sa cohésion. Dans le cas d’Ilion, cette dernière est assurée par un ensemble de croyances et de pratiques qui ménagent une place à tous les éléments qui composent l’identité complexe de cette communauté. Le premier de ces cultes est celui d’Athéna Ilias, divinité poliade d’Ilion mais également divinité fédérale du koinon régional formé autour de son sanctuaire. Mais les cultes héroïques jouent également un rôle important, du fait du poids du mythe de la guerre de Troie dans l’identité de la cité d’Ilion, colonie éolienne qui se revendique à la fois d’héritage grec et troyen. L’organisation du corps social de la cité, dans la mesure où l’on peut le reconstituer par l’onomastique et le système phylétique, révèle à son tour l’aspect fondamentalement éclectique et mouvant de cette communauté politique composée de différents éléments progressivement amalgamés et dont la cohésion est assurée et mise en scène par les cultes civiques.

    Mots-clés : Ilion, Troade, Cultes civiques, Communauté politique, Athéna Ilias, Koinon d’Athéna Ilias, Fédéralisme, Onomastique, Épigraphie.

    Abstract: The civic religion played a major part in the Greek city of Ilion, as in all ancient Greek cities. The cults performed by the political community are the ground of its cohesion. The most important was Athena Ilias, poliad divinity of Ilion and federal divinity of the regional koinon constituted around its sanctuary. But the heroic cults were also prominent, because of the major place occupied by the myths of the Trojan War in Ilion’s identity. The organization of the social body of the city reveals also, by onomastic and phyletic studies, the eclectic and shifting aspects of this political community, in which civic cults aimed to insure cohesion.

    Keywords: Ilion, Troad, Civic Cults, Political Community, Athena Ilias, Koinon of Athena Ilias, Federalism, Onomastic Studies, Epigraphy.


  • Auteur : Anaïs LAMESA
    Les différents sens du terme Καππαδοκία dans la Géographie de Strabon
    [Résumé]

    La construction littéraire du territoire cappadocien semble débuter dès le Ve siècle avant J.-C. par Hérodote. Sa définition se précise progressivement à mesure que l’Anatolie est parcourue. Avec le traité d’Apamée (188 avant J.-C.), un clientélisme s’établit entre le roi de Cappadoce et Rome, l’un dépendant économiquement et militairement de l’autre. Ces rapports étroits accélèrent la connaissance géographique de la région. Au tout début du Ier siècle après J.-C., Strabon paraît définir la zone. Curieusement, après l’intégration du royaume de Cappadoce à l’Empire romain par Tibère (17 après J.-C.), les auteurs antiques rencontrent des difficultés à comprendre le sens du terme Καππαδοκία, puisqu’il désigne à la fois un district, une région et une province. La définition de la Cappadoce par Strabon, contrairement à ce qui a pu être écrit, ne semble pas fixer la représentation littéraire de la région mais au contraire la complexifier. Le but de cet article est donc d’étudier les différents sens du terme Καππαδοκία dans la Géographie de Strabon et d’en rechercher l’origine.

    Mots-clés : Cappadoce, Strabon, Géographie, Limites, Polysémie, Définition.

    Abstract: The first description of Cappadocia in Greco-Roman Literature can be found in Herodotus, who accounts for the region under the Achaemenid Empire. After Alexander’s conquest of Anatolia, the borders of Cappadocia were set up more clearly. The treaty of Apamea (188 BC) sealed the patronage of the Roman Republic on the Kingdom of Cappadocia, which became economically and politically dependent on Rome. Finally, Cappadocia was reduced to a Roman province under the emperor Tiberius (17 AD). These complex relationships between Rome and Cappadocia proved problematic to ancient historians and geographers. More specifically, Strabo describes Cappadocia extensively in chapter 12 of his Geography. However, as Strabo wrote after the Kingdom of Cappadocia was turned into a province, a careful reading of this passage highlights the polysemy of the term Καππαδοκία, which seems to designate a district, a region, and a province at the same time. Contrary to what has been stated by some modern researchers, Strabo’s definition does not stabilize the literary description of the new province: instead, it makes it more complex. This paper aims at analyzing the different meanings of Καππαδοκία in Strabo’s Geography while tracing back their origins.

    Keywords: Cappadocia, Strabo, Geography, Frontiers, Polysemy, Definition.


  • Auteur : Simone PODESTA
    Histoire de la Lycie : les rapports entre les fragments historiographiques et les autres sources historiques
    [Résumé]

    L’intervention analysera les rapports qui existent entre l’historiographie fragmentaire et les autres sources historiques, notamment l’épigraphie, la numismatique et l’archéologie. À travers plusieurs exemples (sur la ville de Phellos, sur l’acquisition du titre de basileus par Périclès de Limyra, sur l’histoire de l’île de Mégiste), on verra qu’il est absolument nécessaire que l’étude des fragments historiques soit intégrée avec les autres données en notre possession afin d’arriver à une meilleure compréhension de l’histoire et de la géographie de la Lycie.

    Mots-clés : Lycie, Historiographie fragmentaire, Grec, Périclès de Limyra, Ichthyomancie, Géographie ancienne, Phellos, Mégiste.

    Abstract: The article will analyze the relationship between the fragmentary historiography and other historical sources, including epigraphy, numismatics and archeology. Several examples (the city of Phellos, the acquisition of the title of king by Pericles of Limyra, the history of the island of Megiste) makes clear that the study of fragments historic must be integrated with other data in order to understand better the history and geography of Lycia.

    Keywords: Lycia, Fragment History, Greek, Perikles of Limyra, Fish-Prophecy, Ancient Geography, Phellos, Megiste.