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Dialogues d'histoire ancienne supplément 24
Auteur : Stéphane BENOIST
Lieu d'édition : Besançon
Année de parution : 2022
Nombre de pages : 282p.
ISBN : 9782848678993
Format : 16*22

Cairn

[Sommaire]
Avant-propos
Stéphane BENOIST

À propos d’une république « impériale » en situation : aperçus historiographiques, méthodologiques et programmatiques
Stéphane BENOIST

Lectures du De Re Publica en contexte(s), remarques sur la République « impériale »
Stéphane BENOIST

Concilier res publica et personnalisation du pouvoir dans les années 50 avant notre ère ? La pensée cicéronienne au service du politique
Jérôme KENNEDY

L’imperator au secours de la res publica : un élément central du discours de légitimation du pouvoir impérial et ses origines républicaines
Jérôme SELLA

Auguste et la res publica : les implications pratiques d’une restauration
Philippe LE DOZE

Concilier l’idéal républicain et le principat augustéen : la carrière singulière de M. Valerius Messalla Corvinus (cos. 31)
Cyrielle LANDREA

Auguste, Tibère et la fin du triomphe romain
Harriet FLOWER

Comment les Romains se représentaient leur Empire : l’apport des cursus sénatoriaux (époques républicaine et julio-claudienne)
Frédéric HURLET

« Le corps tout entier est asservi à l’âme ». Une réappropriation sénéquienne du pouvoir personnel à l’orée du principatus de Néron
Jérôme KENNEDY

[Contents]

Ces neuf essais tentent de modifier notre approche des premiers siècles avant et de notre ère, à Rome et dans le monde romain, en abordant la notion de « République impériale », au moyen de l’étude des sources (littéraires, épigraphiques ou numismatiques) et des moments de transition entre la république et le principat, au travers d’analyses politiques, sociales et administratives. Le modèle impérial fait ainsi l’objet d’un nouvel éclairage à partir de définitions renouvelées de la res publica en tant que chose publique et État romain. Les figures de Cicéron et de Sénèque, des imperatores ainsi que d’Auguste ou de Tibère sont au cœur de cet ouvrage, fruit d’une recherche collective en cours.

These nine essays attempt to modify our approach of the first centuries BCE and CE, in Rome and in the Roman world, by approaching the notion of “Imperial Republic” by means of the study of our evidence (literary, epigraphic and numismatic sources) and moment of transition between the Republic and the Principate, through political, social and administrative analyses. The imperial model is thus the object of a new light from renewed definitions of res publica as ‘public thing’ and ‘Roman state’. The figures of Cicero and Seneca, the imperatores as well as Augustus and Tiberius are at the heart of in this work, the fruit of a collective research in progress.

Estos nueve ensayos intentan modificar nuestro enfoque de los primeros siglos antes y de nuestra era, en Roma y en el mundo romano, abordando la noción de “República imperial”, por medio del estudio de las fuentes (literarias, epigráficas y numismáticas) y momentos de transición entre la República y el Principato, a través de análisis políticos, sociales y administrativos. El modela imperial es así objeto de una nueva iluminación a partir de nuevas definiciones de la res publica como cosa pública y Estado romano. Las figuras de Cicerón y Séneca, de los imperatores, así como de Augusto o de Tiberio están en el centro de esta obra, fruto de una búsqueda colectiva en curso.


Descriptif du collectif
  • Auteur : Stéphane BENOIST
    Lectures du De Re Publica en contexte(s), remarques sur la République « impériale »
    [Résumé]

    À partir d’une sélection de dix-sept extraits du traité de Cicéron De Re Publica, qui permettent d’envisager les modèles politiques grecs, de Platon à Polybe, et leur réception romaine, le contexte particulier de la crise de la République tardive des années 50 avant notre ère, qui a tant affecté la carrière et les réflexions de l’orateur et homme politique, est pris en compte. La mise en perspective des situations de dysfonctionnement des institutions, des années gracquiennes à la décennie 50, offre à Cicéron l’occasion d’une conceptualisation de la chose publique ayant fait l’objet de nombreuses analyses plus ou moins récentes et qu’il est opportun de prolonger désormais dans le temps, des dernières décennies de la République proprement dite aux premiers siècles du Principat, afin d’appréhender au mieux l’État romain.

    Mots-clés : Années 50 avant notre ère, Rome, République, Cicéron, Pensée politique, Philosophie grecque, Sagesse, Justice, Meilleur régime possible.

    Abstract: Based on a selection of seventeen excerpts from Cicero’s On the Commonwealth that allows us to consider Greek political models, from Plato to Polybius, and their reception in Rome, this paper takes into account the specific context of the crisis of the later Republic in the 50s BCE, which affected to such a degree the career and thought of the orator and political figure. Putting into perspective situations of institutional dysfunction, from the Gracchi period to the 50s decade, Cicero took the opportunity to conceptualize the res publica in ways that have inspired numerous studies more or less recently, a reflection that now ought to be prolonged historically, from the last decades of the so-called Republic to the first three centuries of the Principate, in order to better understand the nature of the Roman state.

    Keywords: 50s BCE, Rome, Republic, Cicero, Political Thought, Greek Philosophy, Wisdom, Justice, Best Government Possible.


  • Auteur : Jérôme KENNEDY
    Concilier res publica et personnalisation du pouvoir dans les années 50 avant J.-C. ? La pensée cicéronienne au service du politique
    [Résumé]

    En retrait de la vie politique active dans les années 50 avant J.-C., Cicéron s’interroge sur ce qu’est le meilleur gouvernement, ainsi que sur le citoyen par excellence. Cette réflexion est le fruit d’une préoccupation : la res publica romaine est un régime selon lui équilibré, fondé sur la collégialité, l’autorité sénatoriale, le respect des lois, et qu’il convient donc de protéger de toute forme de personnalisation du pouvoir. Toute sa démarche réside donc dans la volonté de subordonner une telle tentation, alors vive, à cette définition conservatrice de la res publica romaine.

    Mots-clés : Histoire romaine, République, Res publica impériale, Pouvoir personnel, Philosophie politique, Institutions, Cicéron.

    Abstract: Retreating from active political life in the 50s BC, Cicero ponders over what is the best government and the best citizen. This thought is the consequence of a concern: according to him, the Roman res publica is a balanced regime, based on collegiality, senatorial authority, respect for the law, and should therefore be protected from any form of personalization of power. His entire approach therefore resides in the desire to make any such temptations, then strong, subordinate to this conservative definition of the Roman res publica.

    Keywords: Roman History, Republic, Imperial Res Publica, Personal Power, Political Thought, Institutions, Cicero.


  • Auteur : Jérôme SELLA
    L’imperator au secours de la res publica : un élément central du discours de légitimation du pouvoir impérial et ses origines républicaines
    [Résumé]

    L’empereur romain légitime son pouvoir par le fait de défendre la libertas contre les factions qui menacent la res publica ; leurs compétiteurs, qui assimilent le pouvoir de l’empereur défié à une dominatio, font de même. Cet article étudie le rôle joué par Auguste dans l’élaboration de ce discours. L’exemple de César, les précédents de Sylla, de Pompée et du premier triumvirat, ainsi que la place tenue par les Philippiques de Cicéron, permettent de mesurer les étapes d’un argumentaire, puis la synthèse opérée par celui qui se présente, de différentes manières successives en libérateur (contre Antoine, contre les optimates, puis contre ses rivaux, dont à nouveau Antoine), venu au secours de la res publica menacée par les factiones. Cela démontre l’importance du consensus dans cette légitimation, puisqu’il est la marque de l’effacement de toute faction et de l’absence de dominatio.

    Mots-clés : Rome antique, Res publica, Tribuns de la plèbe, César, Auguste, Cicéron, Légitimité, Exemplum.

    Abstract: Roman emperors legitimized their power by claiming to be the defenders of libertas against factions that threatened the res publica; their rivals did the same, comparing the power of the emperor they challenged to a dominatio. This paper studies the role played by Augustus in constructing this discourse. The example of Caesar, the precedents of Sulla, Pompeius, and the first Triumvirate, as well as the role taken by Cicero’ s Philippics, allow us to understand how this argument took shape and its synthesis by the man presenting himself as a liberator (against Mark Antony, against the optimates, then against his own rivals, including Mark Antony once more) coming to the rescue of res publica threatened by factiones. This demonstrates the importance of consensus in this legitimation, since it indicates the abolition of all factions and the absence of dominatio.

    Keywords: Ancient Rome, Res Publica, Tribunes of the Plebs, Caesar, Augustus, Cicero, Legitimacy, Exemplum.


  • Auteur : Stéphane BENOIST
    À propos d’une République « impériale » en situation : aperçus historiographiques, méthodologiques et programmatiques
    [Résumé]

    Conçue comme une introduction, cette présentation aborde les divers enjeux historiographiques, méthodologiques et programmatiques d’une prise en compte globale des premiers siècles avant et de notre ère sous la dénomination d’une République « impériale ». Il s’agit de considérer la mise en récit par nos sources, puis la réception par les Modernes, de cette période traditionnellement divisée entre République et Empire. Sont notamment convoqués Cicéron, Tacite, Velleius Paterculus, mais également les Res Gestae Diui Augusti et le Panégyrique de Trajan par Pline le Jeune. La périodisation et le métier d’historien, la notion de « générations historiennes » et la place du populus au sein de cette République « impériale » sont autant d’éléments d’approche qui permettent d’ouvrir le dossier qui suit et de dresser l’inventaire des travaux à mener à propos de la pensée politique, des pratiques et des représentations du pouvoir à Rome, sur une plus ou moins longue durée.

    Mots-clés : Rome, République, Métier d’historien, Périodisation, Populus, Cicéron, Tacite, Pline le Jeune, Velleius Paterculus.

    Abstract: This paper, intended as an introduction to this volume, presents the various historiographical, methodological, and programmatic issues to be considered when labelling the two first centuries BCE and CE as an “Imperial” Republic. What is at stake is the way ancient sources have framed the narrative of this period, traditionally divided between Republic and Empire, and the reception of this narrative by the Moderns. Cicero, Tacitus, Velleius Paterculus, as well as the Acts of Augustus and the Panegyricus of Trajan by Pliny the Younger will be used in that perspective. To introduce this collective research programme, among the issues to be considered are periodization; the profession of historian; the concept of “historian generations”; and, finally, the place of the populus within the Roman State. This inventory of inquiries about political ancient thought, practices and representations of power in Rome, from a global perspective, should be useful for any research on that subject.

    Keywords: Rome, Republic, Profession of Historian, Periodization, Populus, Cicero, Tacitus,Pliny the Younger, Velleius Paterculus.


  • Auteur : Philippe LE DOZE
    Auguste et la res publica : les implications pratiques d’ une restauration
    [Résumé]

    La restauration de la res publica par Auguste ne fut pas un leurre, et c’est à tort que l’on parle de « monarchie à façade républicaine ». Cette restauration fut étroitement liée à la référence au SPQR qui permit de distinguer le Principat de la tyrannie. Elle est en revanche à dissocier de la création du régime, de nature monarchique plus que monarchique à proprement parler, quand bien même en conditionna-t-elle les contours. Enfin, la restauration de la res publica influa sur les modalités de la succession : au légitimisme dynastique, on préféra alors l’hérédité conditionnée.

    Mots-clés : Auguste, Restauration, SPQR, Succession, Monarchie.

    Abstract: The restoration of the res publica by Augustus was not an illusion: it is wrong to refer to a “monarchy with a republican façade.” This restoration was closely linked to a reference to SPQR that made it possible to distinguish between the Principate and tyranny. However, it must be dissociated from the creation of the regime, which was of the nature of a monarchy rather than a monarchy per se, even if its outline was conditioned by it. Lastly, the restoration of the res publica noticeably influenced the terms of succession: conditional heredity was thus preferred to dynastic legitimism.

    Keywords: Augustus, Restoration, SPQR, Succession, Monarchy.


  • Auteur : Cyrielle LANDREA
    Concilier l’idéal républicain et le Principat augustéen : la carrière singulière de M. Valerius Messalla Corvinus (cos. 31 av. J.-C.)
    [Résumé]

    L’article analyse la carrière singulière de M. Valerius Messalla Corvinus (cos. 31 av. J.-C.), plus spécifiquement la nécessité de concilier son idéal républicain avec la nouvelle donne du Principat augustéen. L’étude se concentre sur des moments clés de la carrière politique du patricien : sa démission de la praefectura Vrbis au début du Principat (26 av. J.-C.), l’acceptation du poste de curateur des eaux (11 av. J.-C.) et l’ octroi du titre de Pater patriae à Auguste en 2 av. J.-C. Ainsi, l’approche diachronique met-elle en lumière l’évolution personnelle de Messalla Corvinus, et l’acceptation finale du consensus augustéen.

    Mots-clés : Histoire romaine, République romaine, Principat, Noblesse, Patriciat.

    Abstract: This article analyzes the unusual career of M. Valerius Messalla Corvinus (cos. 31 BC), especially the need to reconcile his republican ideal with the Augustan Principate. The study is based on key moments in the patrician’s political career: his resignation from the praefectura Vrbis at the beginning of the Principate (26 BC), his acceptance of the position of curator aquarum (11 BC), and the granting of the title of Pater patriae to Augustus in 2 BC. The diachronic approach thus highlights the personal evolution of Messalla Corvinus, and the final acceptance of the Augustan consensus.

    Keywords: Roman History, Roman Republic, Principate, Nobility, Patriciate.


  • Auteur : Harriet I. FLOWER
    Auguste, Tibère, et la fin du triomphe romain
    [Résumé]

    Le triomphe était la plus prestigieuse des récompenses qu’un homme politique et général pouvait recevoir dans la Rome républicaine. Après un bref état des lieux du rôle joué par le triomphe dans la culture politique républicaine, cette étude analyse les limites strictes qu’Auguste imposa aux processions triomphales après 19 avant J.-C., qui devinrent ensuite des célébrations très rares. Elle démontre qu’Auguste envisageait et réussit en grande partie à éliminer complètement les célébrations triomphales traditionnelles à son époque, en utilisant tout à la fois le refus pour lui-même et ses proches de ces cérémonies, tout en gratifiant ses légats ayant combattu sous ses auspices des ornements triomphaux et d’une statue honorifique au forum Auguste. En conséquence, la suppression du triomphe apparaît comme l’un des résultats naturels de la limite imposée à l’expansion impériale ultérieure, telle qu’elle fut recommandée dans le testament d’Auguste, une politique que ses successeurs ont choisi de ne pas suivre. Cependant, Tibère était peu enclin à se conformer à cette nouvelle attitude et choisit le retrait de la vie publique à Rhodes, l’année qui suivit son triomphe en 7 avant J.-C., première célébration de ce type après 19 avant J.-C. Les deux triomphes de Tibère et les propositions répétées du Sénat de nouveaux triomphes à Auguste lui-même représentent deux visions opposées du rôle que la célébration triomphale devrait jouer au sein d’une res publica restaurée, et un défi constant pour le princeps.

    Mots-clés : Auguste, Tibère, Triomphe, Drusus, Jules César, Spolia opima.

    Abstract: The triumph was the most prestigious accolade a politician and general could receive in republican Rome. After a brief review of the role played by the triumph in republican political culture, this article analyses the severe limits Augustus placed on triumphal parades after 19 BC, which then became very rare celebrations. It is argued that Augustus aimed at, and almost succeeded in, completely eliminating traditional triumphal celebrations during his lifetime, both by refusing them for himself and his relatives, and by rewarding his legates who fought under his auspices with ornamenta triumphalia and honorific statues in the Forum of Augustus. Subsequently, the elimination of the triumph would have been one natural result of the limit placed on further imperial expansion recommended by Augustus in his will, a policy his successors chose not to follow. Tiberius, however, was unwilling to conform to this new order, and retired from public life to Rhodes the year after celebrating a triumph in 7 BC, the first such celebration since 19 BC. The two triumphs of Tiberius and the Senate’s repeated offers of further triumphs to Augustus himself represented a different vision of the role triumphal celebration should take in a restored res publica, and an ongoing challenge to the princeps.

    Keywords: Augustus, Tiberius, Triumph, Drusus, Julius Caesar, Spolia Opima.


  • Auteur : Frédéric HURLET
    Comment les Romains se représentaient leur Empire. L’apport des cursus sénatoriaux (époques républicaine et julio-claudienne)
    [Résumé]

    Étudié la plupart du temps dans une perspective chronologique et prosopographique, le contenu des cursus sénatoriaux d’époque républicaine et julio-claudienne peut également aider à mieux comprendre le phénomène de territorialisation de l’Empire romain. L’usage épigraphique en vertu duquel le nom de la province gouvernée n’est pas indiqué dans les inscriptions datées de l’époque républicaine signifie que l’élément déterminant était non pas le nom de la province, mais le statut sur lequel se fondait l’intervention de tel dignitaire dans la province en question. On en déduira que l’imperium était alors perçu prioritairement comme un pouvoir, et non comme un espace. Un changement se fit jour à l’époque augustéenne, quand une nouvelle pratique épigraphique, consistant à dénommer les provinces gouvernées, coexista avec l’ancienne. Il faut y voir un effet de la réforme de janvier 27 av. J.-C., qui contribua à faire de l’Empire un espace bien délimité en créant des provinces fixes et en les hiérarchisant. La territorialisation de l’Empire romain fut toutefois un processus de longue durée qui s’étendit tout au long de la première moitié du Ier siècle apr. J.-C. Le terme de cette période de transition est le Principat de Claude, à l’issue duquel les noms des provinces furent systématiquement mentionnés dans les cursus sénatoriaux provenant de Rome et d’Italie.

    Mots-clés : Épigraphie, Cursus sénatorial, Province, Empire romain, Territorialisation, Réforme provinciale de janvier 27 av. J.-C., Auguste, Claude.

    Abstract: Mostly studied from a chronological and prosopographical perspective, the content of senatorial cursus inscriptions from the Republican and Julio-Claudian periods can also help us better understand the phenomenon of territorialization of the Roman Empire. The epigraphic usage whereby the name of the province being governed is not indicated in inscriptions dating from the Republican period means that the determining factor was not the name of the province, but the status on which the intervention of such an official in the province was based. This implies that the imperium was at that time perceived primarily as power, not as space. A change occurred in the Augustan period, when a new epigraphical practice of naming the provinces coexisted with the previous one. This was an effect of the reform of January 27 BC, which helped to make the Empire a well-defined space by creating fixed provinces and establishing a hierarchy among them. The territorialization of the Roman Empire was, however, a long-term process that lasted hroughout the first half of the first century AD. The Principate of Claudius brought this transitional period to an end, after which the names of provinces were systematically mentioned in senatorial cursus inscriptions from Rome and Italy.

    Keywords: Epigraphy, Cursus Honorum Inscriptions, Province, Roman Empire, Territorialization, Provincial Reform of January 27 BC, Augustus, Claudius.


  • Auteur : Jérôme KENNEDY
    « Le corps tout entier est asservi à l’âme ». Une réappropriation sénéquienne du pouvoir personnel à l’orée du principatus de Néron
    [Résumé]

    La figure du princeps s’impose comme incontournable dès Auguste, mais sa légitimité et son autorité posent question, d’autant plus qu’elle fait l’objet de modélisations successives sous les Julio-Claudiens. L’avènement de Néron offre à Sénèque l’opportunité de proposer une redéfinition du pouvoir impérial, ancrée dans le stoïcisme et les cadres classiques de la pensée politique. S’il définit le pouvoir du princeps comme omnipotent, c’est pour mieux souligner que seul le bon et juste exercice dudit pouvoir légitime son détenteur. Ce faisant, il donne corps à l’idéal de l’optimus princeps.

    Mots-clés : Histoire romaine, Empire, Res publica des principes, Pouvoir personnel, Royauté, Philosophie politique, Sénèque.

    Abstract: The princeps became an unavoidable figure as early as Augustus, but one whose legitimacy and authority raise questions, especially since it was the subject of successive models under the Julio-Claudians. The advent of Nero offered Seneca the opportunity to propose a new definition of imperial power, anchored in stoicism and the classical framework of political thought. While he defines the power of the princeps as omnipotent, this is to better underline that only a good and just exercise of this power legitimizes its holder. In doing so, he gives substance to the ideal of the optimus princeps.

    Keywords: Roman History, Empire, Res Publica of Principes, Personal Power, Royalty, Political Thought, Seneca.